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 June Eastwood | A lovely little song

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June Eastwood
Admin « La Nymphomane »
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MessageSujet: June Eastwood | A lovely little song   Jeu 14 Jan - 4:41


JUDE EASTWOOD
17 ans ; sorcière ; Lycéenne ; Serveuse




    H A B I T U D E S & M O D E D E V I E
      ✖️ Petit génie en informatique, elle a piraté quelques sites clés comme celui de la ville ou du lycée.
      ✖️ Curieuse, elle entreprend des investigations poussées sur toutes les personnes qu’elle rencontre ou dont elle entend souvent parler. En découle des fiches minutieuses qu’elle collecte sur son ordinateur.
      ✖️ Elle adore les vieux films du cinéma bis, de genre horrifique.
      ✖️ Se considérant comme très mature, elle n’a pas beaucoup d’amis de son âge, en revanche, elle s’entend très bien avec les personnes plus vieilles ayant passé la trentaine.
      ✖️ Bien qu’elle sache cuisiner et même très bien cuisiner, elle se nourrit très mal : fast-food, chips, bonbons et gâteau durant la journée sans même prendre un kilo.
      ✖️ Sa mère est alcoolique, tout comme son père, mais ça elle s’en moque. Même si elle s’occupe très bien de sa mère dans ses jours les plus sombres, elle ne passe pas beaucoup de temps chez elle. C’est sa tante qui l’a éduqué, mais cette dernière ne vit pas chez June.
      ✖️ Elle est une squatteuse. Autrement dit, elle a le rare don de pouvoir se faire inviter par n’importe qui chez lui après seulement dix minutes de discutions.
      ✖️ Son niveau de culture général est plutôt élevé pour une lycéenne.
      ✖️ C’est une matheuse, les chiffres sont faciles pour elle alors que les disertes sont un véritable enfer.
      ✖️ Nymphomane depuis que sa puberté, elle a perdu sa virginité avec un cousin germain dans un cimetière. Elle court après les garçons plus vieux qu’elle. Bien plus vieux qu’elle. Qu’ils soient mariés ne lui pose aucun problème.
      ✖️ Elle a son franc parlé bien à elle. S’il faut dire quelque chose, elle n’hésite pas.
      ✖️ C’est une inadaptée sociale. Elle ne peut pas accepter la hiérarchie de la société et ses règles. Vous n’imaginez pas comme c’est difficile pour elle de respecter un règlement. D’ailleurs, elle n’y parvient pas.
      ✖️ Elle adore déstabiliser les gens. Il faut dire qu’elle arrive facilement à décrypter le comportement des gens, et elle a tendance à abuser de ses connaissances et de ses dons pour jouer avec les autres. A son crédit qu’elle manque de tact et n’a guère le sens des codes sociaux.


    T R A I T D E C A R A C T E R E
      soon


    P A R T I C U L A R I T E S
      Comme tous les jeunes gens âgé de 17ans, June est au lycée. C’est une obligation dont la jeune fille se serait bien passé. Elle déteste le lycée et ce dernier le lui rend bien. N’étant pas une bonne élève, elle accumule les mauvaises notes. Ce n’est pas qu’elle ne veuille pas apprendre, mais qu’elle sait déjà tout ce dont elle a besoin et n’aime pas qu’on lui rabache la même chose. Voyez-vous, elle est surdouée. Les mathématiques n’ont aucun secrets pour elle, et elle parvient sans effort à décrypté les comportements gestuels humains, mais c’est une inadapté du système scolaire et plus généralement de la société. Elle a du mal à se plier aux règles. D’autant que selon son point de vue, elle sait déjà tout ce qu’elle a à savoir et le reste ne l’intéresse absolument pas. Et pour ne rien arranger, elle ne s’entend pas du tout avec les jeunes de son âge. Encore les garçons, peuvent l’intéresser par moment, mais les filles ? Elle a tout simplement l’impression de n’être pas du même monde qu’elles.


    M A P E T I T E H I S T O I R E

      Tout n’est pas une partie de plaisir dans la vie. Et ça, June est bien placé pour le savoir. Y’a pas mal de chose qui sont d’immenses obstacles qu’elle contemple levant les yeux bien haut mais ne parvenant pas à voir le sommet, et décide de s’y attaquer plus tard, quand elle sera plus grande. Voire pour la plupart, à vrai dire, elle décide tout bonnement de faire comme si ces obstacles n’était pas là. Oui, elle décide de s’en moquer. Mais il y a deux ou trois obstacles qu’elle ne peut pas ignorer. Elle voudrait bien, mais on la force à les affronter. Par exemple, le collège n’est pas vraiment un endroit plaisant pour elle. Ca a même drôlement les allures de l’enfer sur terre. Rien que ça.

      Ce n’est pas tant les professeurs qui ne parvenant à la rendre studieuse décide alors de la classer dans les mauvais élèves feignants voire carrément les « fouteurs de merde » qui la gêne bien qu’elle souhaiterait bien chaque jour les voir disparaître, engloutis dans les entrailles de la terre. Son plus gros soucis, ce sont les autres élèves. Il faudrait qu’elle soit plus gentille, plus à la mode évidemment, mais plus drôle aussi, plus… normale ? C’est vraiment le mot, plus normale. June ne ressemble pas aux autres élèves. Ce qui la différencie et fait d’elle le mauvais petit canard c’est qu’elle n’a aucune envie de plaire aux autres et encore moins d’être leur amie. Les autres aurait pu tout simplement décidé de l’ignorer, mais non, ils voulaient lui faire payer d’être différente. Peut-être aussi lui en veulent-ils d’en avoir rien à faire de tout comme si rien n’avait d’importance alors qu’eux ne cessent de vivre de graves crises à chaque pas qu’ils font ou non font pas d’ailleurs. Oui, ils lui en voulaient. Et ça June ne l’avait pas bien compris et ne savait toujours pas quoi faire pour les éloigner d’elle. Peut-être aurait-il fallu qu’elle aie vraiment envie de les comprendre.

      « Tête de piaf ! » fut-il crié dans la salle de cours.

      June ne tourna même pas la tête. A quoi cela aurait-il servit ? De toute façon, elle savait qui avait lancé ce joli surnom et à qui cela était adressé. Dave était un sombre crétin, mais un crétin assez canon pour que toutes les filles lui court après. Assez mignon pour que même June ai eut envie de coucher avec lui. Chose qu’elle avait fait l’an passé, sur le parking. Dave était mignon mais passablement maladroit. Il n’avait jamais fait l’amour et il ne s’était probablement branlé qu’une seule fois. June l’avait guidé entièrement. Elle avait dû jouer les maîtresse d’école pour parvenir à ressentir quelque chose d’autre que de l’ennuis. Dave ne méritait pas sa réputation, mais ça, y’avait que June pour le savoir. L’insulte était destinée à elle, justement. Dave n’avait pas de raison particulière de lui en vouloir. Elle n’avait pas raconté sa maladresse à tout le monde, elle ne lui avait fait aucun mal. C’était seulement que depuis l’an dernier elle ne lui avait pas adressé la parole. Dave avait probablement mal perçu le comportement de June. Ce n’était pas qu’elle l’ignorait mais qu’en dehors de lui donner quelques conseils pour le sexe, elle ne savait franchement pas ce qu’elle aurait pu lui dire.

      « Hé ! Tête de piaf ! »
      cria-t-il à nouveau. Et pour accompagner le geste à la parole, il lança sa chaussure qui atterrit avec un grand bruit à l’arrière du crâne de June. La jeune fille fut scotché par le choc. Elle sentit une vive douleur à l’arrière du crâne. Elle porta sa main et sentit une odeur de brûlé. Elle tourna la tête et vit Dave effrayé. Les flammes l’entourrait. Il hurlait. Mais il n’avait que six ans, c’était un petit garçon. June serra les dents. Encore une vision dont elle se serait bien passé. Franchement le traumatisme de Dave n’excusait en aucune manière son geste. « Oh, mais on dirait qu’elle n’est pas sourde en fait. » fit-il avec un gigantesque sourire.

      L’air idiot de Dave enleva toute colère à June. Ce n’était qu’un imbécile. De toute façon, elle n’en avait rien à faire de lui. Plus maintenant. Il avait sa fiche, qui portait son nom, avec une joli photo qu’elle avait prise avec son téléphone portable. Depuis qu’elle avait notifier tout ce qu’elle avait réussit à savoir sur lui, et qu’elle l’avait mit dans son lit, il n’avait plus le moindre intérêt à ses yeux. Elle se retourna. Espérer que Dave se calme et renonce était complètement vain et imbécile. D’une part, qu’elle l’espère de tout son cœur ou non n’influencerait aucunement Dave, et d’autre part, elle avait franchement d’autre chat à fouetter avec ses chers neurones pour les occuper avec des futilités.

      « Tu as raison de l’ignorer. » déclara avec fermeté la voisine de June. « Dave est le garçon le plus idiot de la classe. » Madison parlait avec tant de ferveur que sa parole devait sans doute faire acte de vérité dans sa tête, songea June. Mademoiselle Madison Saint Clair, petite, maigrichonne, brune, aux longs cheveux bouclés, avait pour une raison obscure décidé d’être l’amie de June. Et comme elle n’était pas complètement idiote, et pas inutile comme amie, June avait accepté sa présence à ses côtés. Reste que 30% de ce qu’elle disait semblait par moment complètement bateau. « Tu es bien plus intelligente que lui. » insista-t-elle.

      June secoua la tête. Bon sang ! Elle avait par moment envie de hurler à Madison de ne pas lui parler, de fermer sa putain de grande gueule, et d’arrêter de l’assomer avec des banalités. Mais à ce moment là, June se souvenait que si Madison n’était pas aux attentes de June, elle était quand même la seule à bien vouloir lui passer des stylos quand elle en oublie ou encore à lui parler ce qui était déjà bien. Mieux, Madison était l’amie que la tante de June aimait bien. Si June n’avait pas d’amie à présenter de temps à autre à sa tante, celle-ci aurait sans doute essayer d’aider sa nièce à se faire plus d’amie ce qui aurait été très probablement insupportable. Dans un effort surhumain, elle se tourna vers Madison pour glisser une politesse.

      « Et mais… c’est toi qu’ils auraient dû élire comme déléguée ! » Remarque plutôt finement dite car Madison éclata aussitôt de rire. Bon d’accord elle était assommante à vouloir consoler June lorsqu’elle pensait que cette dernière pouvait être blessée, et elle était absolument insupportable lorsqu’elle parlait de tout et de rien comme si c’était de la première importance, mais Madison avait ce petit côté rebelle qui ne déplaisait pas à June. Elle séchait les cours avec June la moitié du temps, et ça ne la dérangeait pas de squatter chez des amis de ses parents parti en vacances. Même si elle n’était jamais l’investigatrice, c’était une complice non seulement consentante mais en plus assez douée dans son genre.

      L’heure s’écoula très lentement. Madison discuta de l’éventualité d’une soirée du lycée. June l’écoutait d’une oreille distraite, et ajouta pour clore la discution qu’il serait ridiculeusement facile de s’introduire dans la fête. Evidement, Madison n’avait pas encore l’habitude, mais elle se mit rapidement à réfléchir, et arriva aux mêmes conclusion. Elle semblait enchanté par l’idée. June se demandait si dans bientôt ce ne serait pas Madison qui lancerait les plans incrust dans les fêtes. June ne se rendit même pas compte que l’heure avait tourné et finit par retrouver la cour pour le déjeuner.

      Laissant sa grande amie, elle retrouva ses quartiers habituels. Derrière les toilettes du lycée, il y avait la petite maison du gardien. En journée il était absent. June s’y introduisait régulièrement pour embrasser les garçons à qui elle donnait rendez-vous. Aujourd’hui c’était Craig. Un garçon très grand mais boutonneux. Il n’était pas canon pour l’instant mais ses traits derrière les boutons laissaient deviné un visage séduisant. June sentait en lui du potentiel. Et puis, son petit côté victime des méchants du lycée de ne lui déplaisait pas. Elle l’avait attiré aussi facilement qu’une fleur attire une abeille. Refermant la porte du cabanon, elle se retourna vers Craig.

      « Tu es certaine que personne ne viendra… » hésita-t-il. June secoua la tête de gauche à droite. Elle ne pouvait pas lui dire qu’elle avait fait ça des centaines de fois ça aurait paru suspect aux yeux du jeune homme même si pas mal d’autres avaient trouvé ça impressionnant. Elle s’approcha de lui, et l’entoura de ses bras. A son contact, Craig se détendit un peu. Commençant par un doux câlin, elle enfouis son visage au creux de sa nuque. Attendant que le rythme cardiaque de Craig se stabilise, elle lui lécha la peau puis la mordilla et enfin y déposa un chaste baiser. Il tourna son visage vers le sien et ils s’embrassèrent. Pas un petit baiser d’adolescents un peu fiévreux, non, un vrai baiser long et langoureux. Elle menait la danse, mais il apprenait rapidement, et ne voulait pas rester sur le bord du carreau. Glissant sa main sous la chemise du garçon, elle lui mordilla la lèvre inférieure. Il ne lui en fallu pas plus pour qu’il caresse les seins de June avec une passion mal dissimulée.

      « Je sais ce que tu as fait. » murmura une voix féminine. June se tourna vers Madison. Les cours avaient repris pour le plus grand malheur de la jeune fille. Pour une fois, elle ne comprenait pas ce que voulait son amie. Pour une fois elle était même surprise. Les yeux un peu écarquillé, elle leva vers Madison un regard vraiment intéressé. Le visage de son amie n’exprimait pas vraiment de l’amour, c’était même, assez étrange, mais on dirait bien que c’était de la colère mélangée à du dégoût. « On me l’avait dit mais je m’étais dit que ce n’était qu’une rumeur de plus, que c’était faux. Parce que je te faisais confiance. » Elle ne parlait plus, elle sifflait de rage et de colère. « Et dire que je te considérais comme une amie. Quelle idiote j’ai été. »

      Oui d’accord… quelqu’un peu rembobiner s’il vous plait ? J’ai pas compris. Je sais pas quelle mouche l’a piquée mais…

      « Ecoute, Madi… » et quoi ? June ne savait même pas quoi lui dire. Ca ne se lisait pas déjà sur son visage ? Elle ne comprenait pas un traître mot de ce que lui disait Madison. Mais bon, ça ce n’était pas le plus urgent. Le plus urgent c’était de paraître un tant soit peu normale devant le prof qui commençait à les regarder avec un peu trop d’attention. Rester en colle était un vrai calvaire pour June. Mais si en plus elle les passait avec une Madison folle à lier…

      « Tu ne dis rien, hein ? » elle semblait presque en rire, mais June voyait bien que son amie avait tout sauf envie de rire. C’était de la rage, pure et dure, de la colère aussi noire que l’encre de chine. « Quelle belle garce tu fais ! Je sais bien ce que tu penses. Tu t’en moques ! Comme de tout ! Et bien du sais quoi ? Moi aussi je me moque de toi ! Tu n’es qu’une sangsue qui se colle aux autres et leur pique leur mec ! Une vraie salope comme toi ça ne peut faire qu’un seul boulot. C’est pour ça que tu t’en moque des sales notes, c’est parce que tu sais bien que tu finiras sur le trottoir ! Salope ! » ajouta-t-elle en explosant.

      Ca y’est, bravo Madison, on va avoir droit à la colle !

      « Mademoiselle Saint Clair, ce n’est pas une façon de parler. D’ailleurs vous devriez être en train de m’écouter plutôt que de sortir des mots aussi sales. Je crois qu’une heure de colle vous ferait du bien. Idem pour mademoiselle Eastwood. Je ne sais pas ce qui se passe entre vous deux, mais je suis certain que ça vous fera un immense bien de rester ce soir. »

      Merci Mady ! Vraiment, merci.

      June savait bien que les heures de colle, ce n’était rien en comparaison de la colère de son amie qui allait s’abattre sur elle quoi qu’il arrive. Mais exprimer sa colère sur les colles semblait plus facile. Madison avait été refroidie par la perspective de rester avec sa pire ennemi ce soir, mais June pouvait lui faire confiance pour repartir au quart de tour. Maintenant que le morceau avait été craché, la jeune fille voyait bien de quoi parlait son amie. Se faire traiter de salope ne vous arrive qu’en de très rare occasion. Excepté sur la route, en général, les femmes qui vous insulte avec ce mot là veulent dire par là que vous n’auriez pas dû leur piqué leur mec. Le seul hic c’est que Madison est célibataire. Même si elle est pom-pom girl, Madison est célibataire. Elle veut rester vierge avant le mariage alors ça rebute un peu les mecs même s’ils sont trop jeune encore pour envisager sérieusement l’acte. Alors ça voulait dire que Madison convoitait un des mecs avec qui June avait couché. Bon certes, sa vie sexuelle était active mais pas tant que ça non plus. Il n’y avait qu’un des mecs récents qui pouvait attisé ainsi sa colère. Et dans les mecs récents… June ne voyait que Craig qui pouvait plaire à Madison. Quoi qu’il en soit, June allait passer une très mauvaise fin de journée.


      « JUNE ? » hurlait presque Judith Eastwood. Ca faisait plusieurs heures qu’elle gisait dans son propre vomis. Elle avait un mal de chien au bras gauche parce qu’il était resté replié sous elle quand elle avait dormit. Mais le pire dans tout ça c’est qu’elle manquait sérieusement d’alcool dans le sang. Tous les signes étaient là : gorge sèche, estomac douloureux, tête qui tourne et surtout une envie implacable de boire d’un délicieux alcool. Le problème c’est qu’elle avait ce sacré besoin depuis cinq heure. Pourquoi sa fille n’était pas rentrée à l’heure était devenu la principale de ses pensées. Toute seule, elle n’y arriverait pas. Il lui fallait June. Bon dieu, chaque jour elle maudissait Dieu de l’avoir faite mère, parce que voir sa fille la regarder avec ce regard absent est insupportable, mais elle le remerciait aussi de lui avoir donné une enfant aussi douce, aussi gentille. June ne l’engueulait pas en voyant le vomis. Elle ne lui criait pratiquement jamais dessus à vrai dire. Contrairement à Edith.

      « Putain ! June où es-tu ? » Passant de la colère aux pleurs, la femme baissa la tête. Elle abandonnait. Il était déjà assez tard. June ne dormirait pas à la maison aujourd’hui. Parfois elle faisait ça, parfois sa fille ne venait pas du tout. Judith la maudissait dans ces moments là. Mais elle s’en voulait encore plus de ne même pas pouvoir se tenir debout, de ne pas pouvoir se nourrir seule. June savait comment s’y prendre, elle était plus gentille que Edith et elle ne disait jamais rien. Elle n’essayait même pas. Judith savait que sa fille n’avait aucune illusion à son sujet. Elle n’espérait même pas que sa fille pensent le contraire. Si June savait déjà que jamais sa mère ne sortirait de l’alcoolémie, alors il n’y avait plus rien à dire. Tant mieux.

      « Je suis là ! » fit June. Comme d’habitude, elle n’avait pas une voix spécialement joyeuse ou triste. Bordel, songea la mère, ma fille ne semble jamais joyeuse. On dirait que tout lui ai égal. Elle aurait voulu hausser les épaules. Sa fille était là, son calvaire était finit. Elle lui donnerait un peu d’alcool, elle la nourrirait, elle la mettrait sur le canapé et allumerait la télé. Sa fille allait la sauver une fois de plus. June ne monta pas l’escalier tout de suite. Pourquoi se demanda intérieurement la mère. J’ai besoin de toi, June. C’est ça, comme si June lisait les pensées. Non elle avait juste des visions à propos des objets… ou un truc comme ça. Une fois sa fille lui avait sortit un truc bizarre à propos des objets qu’elle touchait. Mais Judith ne s’était pas inquiété, June avait six ans et elle disait ça comme si elle était immensément fière. La mère était ivre ce jour là et avait joué le jeu. Ca ne l’avait pas inquiété quand sa fille lui en avait reparlé à 8ans. Elle avait continué à faire comme si c’était un jeu. Il faut bien dire que l’alcool nuisait à sa faculté de comprendre ce qui se passait, parfois elle oubliait même que sa fille avait grandit, et s’imaginait que c’était une toute petite gamine. « J’arrive dans dix minutes. »

      Et merde ! Qu’est-ce qu’il y pouvait y avoir de plus urgent qu’elle ? L’état de manque lui enlevait une à une ses facultés de raisonner. Judith avait seulement envie de hurler et de pleurer en même temps. Bon, pleurer, elle était déjà en train de le faire. Mais à bien y réfléchir, elle était pas contre pleurer plus fort. Pourquoi sa fille n’était pas là, en train de l’aider ? Pourquoi personne n’était là pour elle ? Pourquoi ? Judith s’effondra en gros sanglot laissant toute sa frustration et colère se déverser sur la moquette.

      « Désolé maman » fit June en apparaissant dans l’embrassure de la porte. « Tante Edith va passer. » Elle annonçait cela comme elle aurait dit que le bus passait à 8h40. C’était juste à titre d’information. June s’avança et passa ses bras sous les aisselles de sa mère et la souleva. Judith n’était pas spécialement lourde, mais elle pesait tout de même 48kg ce qui n’était pas évident pour une jeune fille qui devait globalement faire le même poids. June posa sa mère sur le canapé. C’était celui du salon qui avait été installé ici en même temps que la télé puisqu’il semblait désormais impossible que Judith puisse descendre toute seule l’escalier. June alluma la télévision. Elle resta impassible à côté du canapé, la télécommande dans la main prête à obéir à sa mère. Comme chaque jour, Judith réclama la première chaîne mais dans 40 minute elle appellera sa fille pour lui demander la télécommande. Mais pour l’instant le centre des pensées de Judith était uniquement pointé sur l’alcool qu’elle réclama à June.

      Avoir une mère alcoolique pure et dure exige d’avoir un véritable bar chez soi. Ca évite notamment les sorties nocturnes à la recherche d’un magasin ouvert pour acheter une bouteille de n’importe quoi tant qu’il y a de l’alcool dedans et que ça se boit. June avait installé le bar dans le placard de sa mère. Ca semble peu judicieux mais franchement quand vous venez de porter quasiment votre poids vous n’allez pas monter descendre l’escalier pour une bouteille. Elle posa un verre à côté de sa mère, et ouvrit la bouteille. Elle posa ensuite celle-ci à portée de main de sa mère et disparue pour chercher une serpillière. Si June avait un jour rêver d’avoir une mère normale, elle ne s’en souvenait pas. Il faut bien dire que Judith était retombée dans l’alcool lorsque June avait deux ans. Ne pas se souvenir d’elle lorsqu’elle était heureuse et en bonne santé aide grandement June à ne pas nourrir de faux espoirs. En fait, ça ne lui avait même pas traversé l’esprit que Judith puisse un jour aller mieux. Il lui semblait qu’elle avait toujours vu sa mère alcoolique, et que rien n’avait jamais changé.

      Assise dans le salon, June referma l’écran de son ordinateur portable en entendant des bruits de pas puis la sonnette qui retentissait. Elle se leva et ouvrit la porte en s’attendant à voir Edith, sa tante, avec quelque chose dans les mains. Edith passait pratiquement tout les jours, elle considérait June comme sa fille même si depuis le début il était clair dans l’esprit de chacun que même si Judith n’était pas capable d’éduquer sa fille, June était bien la fille de Judith. Et généralement, Edith apportait un plat, un gâteau ou un petit truc à offrir à June. Cette dernière ne comprenait pas pourquoi il fallait toujours qu’elle apporte quelque chose mais peu import car lorsqu’elle ouvrit il n’y avait pas que tante Edith. Il y avait aussi un charmant homme, la quarantaine bien poussée, les cheveux légèrement grisant, un air séducteur, habillé comme s’il allait à la messe, et une moustache qui aurait eut l’air ringarde sur n’importe qui d’autre mais sur lui ça faisait un effet bœuf. Aussitôt June afficha un sourire, le genre de sourire qu’ont les adolescentes habituellement, un brin charmeur et plein d’hormones.

      « Bonjour June, comment vas-tu ? » demanda tante Edith d’un ton chaleureux. C’était étonnant toute la chaleur qui se dégageait de tante Edith. Elle semblait toujours adorable avec sa nièce, toujours si heureuse de la voir. L’avantage d’une tante plutôt que d’une mère. Une tante ne vous dispute que rarement, que lorsque vous avez vraiment dépassé les bornes. June hocha la tête en ne quittant pas son sourire. A noter, si vous ne l’aviez pas encore remarquer, mais June ne parle pas souvent, en tout cas, elle use de la parole que lorsqu’elle l’estime nécessaire. « Je te présente Henry Bellefleur. C’est un ami qui voulait voir Judith. »

      Autre particularité de la famille Eastwood c’est la manière dont tout le monde parlait de Judith. Que ce soit tante Edith, June ou grand’ma tout le monde l’appelait par son prénom. Judith ne l’avait pas appelé maman depuis très longtemps. Sa tante faisait de même, elle ne disait jamais ta maman sur ce ton condescendant qu’utilisent les gens habituellement. C’était sans doute dû au fait que Judith était souvent absente, l’esprit ailleurs, embrumé par les vapeurs de l’alcool. Ou peut-être parce qu’elle ne ressemblait pas vraiment à la mère idéale. C’était plutôt une personne à charge pour sa famille.

      Mais celle-ci n’avait jamais songé à la placé dans un institut spécialisé. D’une part, ils n’avaient pas suffisamment d’argent pour cela puisque c’était tante Edith avec son seul salaire d’avocat qui amenait de l’argent pour tout le monde. June quand à elle s’était toujours débrouillée toute seule pour pouvoir s’acheter des vêtements, ses ordinateurs, et tout ce dont elle avait besoin. Elle estimait que sa tante avait déjà largement de quoi dépenser son argent sans avoir besoin de payer les coûteux caprices de sa nièce. Evidement, elle ne pouvait pas se contenter de piquer de temps à autre de l’argent aux mecs avec qui elle couchait ou de leur demander simplement de l’argent, il lui fallait un petit boulot pour justifier tout cet argent. Du coup, June avait travailler au supermarché du coin pendant un bon moment. Aujourd’hui, elle était serveuse dans un bar du coin. C’était le petit boulot le plus long qu’elle avait fait. D’ordinaire, on la chassait assez rapidement, parce qu’elle n’était pas très causante ou un peu bizarre et que ça faisait flipper les clients. Mais dans un bar, si vous savez servir rapidement et afficher un grand sourire en vous gardant bien de discuter avec les clients vous avez tout de l’employée du mois.

      Lorsque June s’effaça, tante Edith entra avec tout ce soin et cette élégance qui la différencie des autres Eastwood. Il faut bien dire que peu d’Eastwood ont réussit. Ce n’est pas une famille qui brille par sa situation sociale ou financière. Elle inspecta rapidement l’intérieur de la maison, guettant des signes qui aurait montré que June s’était laissé débordé par le vice de sa mère. Puis elle déposa son long manteau. Henry la suivit, lui aussi regardait tout autour de lui, mais plus comme quelqu’un vérifiant si ce qu’on lui a raconté est vrai. Il suivit les deux femmes dans le salon. June attendit qu’ils soient installés avant de ramener trois cafés sur un plateau. Avantage de son don, elle collectait facilement des informations sur des inconnus. Le manteau lui avait montré que Henry, le charmant Bellefleur, était médecin et qu’il avait eut des problèmes avec l’alcool. Son fils plus précisément en avait eut. Ce qui avait provoqué la fin de son mariage. June ne savait pas s’il était divorcé, mais ça avait l’air d’en prendre le chemin dans sa vision. Des choses comme ça ne s’arrange jamais. Elle avait su aussi qu’il prenait beaucoup de café. Elle avait conclu une sorte de pacte avec elle-même, ne pas utiliser les informations qu’elle possédait pour s’immiscer dans la vie des autres, surtout qu’elle n’en avait aucune envie, mais lorsque l’information était utile et menue, autant la mettre à profit, tout en gardant une espèce de rationalité pour ne pas qu’un jour quelqu’un se pose de question.

      « Judith ne guérira pas, vous savez. » intervient June en entendant la vive discution entre sa tante Edith et l’adorable Henry. « Je veux pas paraître pessimiste mais ça fait bien 15ans maintenant qu’elle est dans cet état. » Elle prit une tasse de café et plongea son regard dans celui de Henry. Il n’était pas aussi pessimiste qu’elle, sans aucun doute. Pour son fils ça c’était probablement arranger, mais pour Judith il n’y avait plus aucun espoir possible. Elle buvait bien avant de rencontrer Patrick, et lorsque tout était allé mal entre eux, lorsqu’elle avait eut deux ans, Judith avait repris l’alcool de plus belle. C’était plus qu’une dépendance, c’était devenue une maladie incurable et tout le monde faisait avec. Personne ne se disait qu’un jour Judith allait arrêter de boire. Elle n’avait même plus la faculté de faire ce choix. La priver d’alcool n’arrangerait rien. Tante Edith avait bien tenté à un moment, mais ça avait été pire que tout. Des cris et des larmes, des hurlements, et Judith qui se débattait en hurlant à pleine voix. A l’époque, June avait quatre ans et comprenait que sa mère avait besoin d’alcool, elle comprenait pourquoi sa mère criait, mais ne savait pas comment la faire arrêter. Depuis elle avait même renoncé à l’idée. Et tante Edith avec elle. Jusqu’à aujourd’hui. La présence d’Henry n’arrangerait rien. Il allait juste lui donner un faux espoir. Si cela n’avait tenu qu’à June, Henry tout charmant qu’il était, serait déjà reparti. Mais s’il y avait bien des personnes avec qui June se montrait un peu sociable, c’était avec les amis de tante Edith. La pauvre était resté si longtemps célibataire avec si peu d’amis qu’il serait criminel de faire fuir son peu d’amis.

      « Tout espoir n’est pas perdu, June. » insista Henry. « Ta mère est malade, mais ce n’est pas une maladie incurable. Tu t’y es habituée, mais ça peut changer. Ce ne sera pas facile, même très difficile mais on peut y arriver. » Tante Edith hochait de la tête d’un air entendu. June se surpris à penser qu’elle avait déjà vu sa tante avoir des réactions plus intelligente que celle-ci. Mais elle comprenait. Tante Edith n’était pas comme elle, l’espoir, elle en avait besoin pour continuer. Sinon, elle aurait l’impression que tout n’aurait servit qu’à rien. Nourrir de faux espoirs plutôt que le désespoir en somme. June haussa les épaules et se plongea dans son café. Tante Edith lui adressa un sourire qui voulait dire ‘je sais ce que tu pense, mais tu peux avoir tord, ce qui ne veut pas dire que j’ai forcément raison d’essayer, mais j’en ai besoin’. June avait capté. Reçu, 5 sur 5.

      « Je vais monter la voir. » se décida tante Edith. « Henry, attendez donc ici avec June. Je préfère y aller seule pour l’instant. » Le dit Henry hocha la tête. Il semblait parfaitement d’accord. June observa sa tante se lever en se disant qu’elle n’avait pas encore changé de chaîne de télévision, alors ce serait tante Edith qui le ferait. Tant mieux, un geste de moins à faire. Encore mieux, elle allait rester seule avec Henry.

      « Alors vous faites quoi dans la vie, monsieur Bellefleur ? » demanda-t-elle d’un air intéressé. Même si elle s’en fichait comme de l’an 40, surtout qu’elle le savait déjà, June savait très bien mimer l’intérêt sincère.


Dernière édition par June Eastwood le Jeu 14 Jan - 4:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: June Eastwood | A lovely little song   Jeu 14 Jan - 4:45


      L’endroit était glacial. Même le fauteuil était glacé. June sentait sa peau se couvrir de givre tant il faisait froid. Elle n’avait qu’une envie, c’est de glisser à bas du siège et de sortir de là. On était en plein été mais ça se voyait pas ici. Faut dire qu’à l’hôpital on n’a guère le loisir de voir le soleil. Pourquoi l’hôpital ? Pour une fois, ce n’était pas de la faute de Judith. L’année dernière, June avait bien fait quatre passage à l’hôpital rien que pour y amener Judith après qu’elle ai fait un sacré malaise. June disait malaise parce que tante Edith disait toujours ça pour qualifier un coma éthylique. Par habitude en somme. Non, cette fois-ci la jeune fille s’y était rendue seule. Elle était concernée.

      Quatre semaine auparavant, June se retrouvait dans une pharmacie pour y acheter un test de grossesse. Depuis qu’elle avait couché avec Toby, le garçon de la station service, ses règles n’étaient toujours pas arrivée. Un peu inquiète, tout de même, la jeune fille âgée seulement de 15ans, s’était débrouillée pour passer à la pharmacie. Ca n’avait pas été simple. Impossible d’aller à celle de Saint Bel, on la connaissait trop bien là-bas. Tante Edith aurait forcément été au courant. Et puis elle voyait déjà venir le petit discourt que ne manquerait pas de lui faire le pharmacien. Non merci. Donc elle avait pris le bus, et était allé dans une autre ville. Elle était sortie en lisant les instructions. Elle n’arrêtait pas de se dire merde dans sa tête. Avoir un gosse n’était pas spécialement une bonne idée, surtout quand on a une mère tellement alcoolique qu’elle ne peut même pas se laver toute seule. Elle avait attendue d’être rentrée chez elle pour s’enfermer dans les toilettes. Faire le test ailleurs aurait été trop dur. Elle avait pisé sur le machin et avait attendu. Angoissée, elle tenait le bout de plastique entre ses doigts en se demandant comment se passait un avortement. Est-ce que tout ce qu’on disait sur la sensation de vide ressentie était vrai. Et puis le résultat s’est affiché. Dans sa tête, elle a hurlé merde. Mais aucun son n’est sorti de sa bouche. Elle s’est relevé, a remonté son pantalon et a jeté le test dans la ben à ordure du voisin.

      June n’était pas spécialement prête à avoir un enfant. A 15ans c’est dur de prendre des décisions. Mais June était assez mature pour son âge. Elle savait bien qu’être enceinte lui était impossible. De toute façon, elle n’aurait pas pu mettre au monde ce machin sans se mettre à lui porter un vague sentiment d’amour et après le refiler à d’autres. Elle n’aurait pas pu. Quand à élever un enfant, c’était exclu. La solution était évidente. L’exécuter beaucoup moins.

      Revenir à l’hôpital où on est né pour avorter est sacrément ironique, vous ne trouvez pas ? June trouvait la blague assez marrante. Mais c’était celui le plus proche. Elle ne voulait pas qu’on fasse un dossier sur elle, ne voulait pas de trace, mais elle n’avait pas vraiment les moyens. Et quand à trouver un centre près de chez elle, c’était peine perdu. Il lui aurait fallu aller jusqu’à la Nouvelle Orléans. Elle se trouvait donc dans cette pièce glacée sans fenêtre avec ce néon assez aveuglant au-dessus de la tête. L’infirmière qui l’avait emmené ici était froide, plus froide encore que ce fauteuil. Elle n’avait pas lâché un seul mot et June était persuadé qu’elle semblait lui en vouloir personnellement. Bref ça n’était pas la joie. June observait le plafond en attendant que ce MMAP passe. Le MMAP c’est le mauvais moment à passer. Elle entendait des bruits de voix et de pas derrière la porte, mais personne ne semblait se hâter à venir lui retirer ce putain de machin qui s’était logé dans son ventre.

      « Bonjour mademoiselle. » fit un médecin assez beau garçon en entrant. Les hormones de la jeune fille se réveillaient au mauvais moment. Séduire ce beau garçon n’était pas spécialement une bonne idée. Enfin, c’était mieux que de songer à la perte du machin. Elle sourit au médecin, en essayant de ne pas faire un sourire aguicheur, mais dieu que c’était difficile. « Nous voudrions vous faire passer quelques tests avant. Rien de bien méchant, c’est juste que vous n’avez pas vu de médecin depuis très longtemps. Je vous rassure, c’est pris en charge par votre mutuelle. »

      June aurait bien voulu remercier tante Edith d’avoir pris une aussi bonne mutuelle. C’était sans doute grâce à Judith, étant donné le temps qu’elle passait ici, il était logique de prendre une bonne assurance maladie.

      « Bien sûr. Je suis d’accord. » fit la jeune fille. Elle laissa le beau garçon prendre son sang, elle le laissa prendre sa tension, et elle accepta même de passer dans une petite machine avec un gros ronron. Il semblait tellement y tenir, qu’elle n’osa pas lui dire que ça ne servirait à rien. Heureusement qu’il était beau garçon, sinon elle aurait sans doute eut marre au bout d’un moment. Durant toute l’opération de la batterie de test, elle dragua plus ou moins le docteur. Celui-ci avait reçu le message mais faisait le mec gentil et paternel. Ouais c’est ça songeait-elle, comme si tu n’étais pas intéressé. Il laissa une infirmière la ramener dans la salle pour qu’elle se fasse enfin avorter. Il aurait voulu attendre un peu mais elle n’avait pas non plus tout son temps. Judith finirait bien par avoir besoin d’elle.

      Il mit une éternité à venir. Mentalement, elle se résuma tout les informations qu’elle avait pu réunir sur le médecin. A première vu, il avait la trentaine. Il semblait bien jeune mais à sa manière de parler et à ses gestes, elle dirait qu’il n’en était pas à son premier cas. Il ne tenterait pas de prendre un cas difficile mais il savait déjà pas mal se débrouiller dans son registre. Elle avait noté qu’il aimait bien prendre soin de ses patients, qu’il lui semblait normal d’être une épaule où se reposer pour eux. Il avait également envie d’aider ceux qui avaient pas grand chose. Elle savait que la batterie de test c’est parce qu’elle n’était pas bien riche. Il avait l’occasion de la faire gratos alors il l’avait faite. Avec le stéthoscope elle avait appris qu’il avait récemment déménager. Son ancien hôpital lui manquait. Mais la fille avec qui il sortait l’avait poursuivit en justice et c’était de peu qu’il avait réussit à conserver son doctorat. Cette l’histoire l’avait refroidie. Depuis, il ne sortait plus beaucoup. Mais se consacrer entièrement à son travail ne le dérangeait pas.

      « Je suis désolé… nous avons un problème. Voilà, votre coeur est mal en point. Vous souffrez d’une insuffisance cardiaque. Heureusement que nous nous en sommes aperçu aujourd’hui. Voilà où nous en sommes, votre coeur est assez faible, au moindre effort il peut vous lâcher. Dans ces conditions, vous ne survivrez pas longtemps. Je vous ai déjà ajouté sur la liste des demandeur d’organe. » lui annonça-t-il après s’être dandiné un bon moment devant elle. Il semblait si triste pour elle qu’elle avait envie de le rassurer. June ne se sentait pas si triste que ça, ni tellement en colère. Elle se demandait juste si ça allait être douloureux. C’est étrange, mais elle acceptait plutôt bien le fait d’être mourante. Quelque part, au fond d’elle, elle s’était toujours dit qu’elle mourrait jeune.

      « C’est à cause de l’alcoolisme de ma mère, c’est ça ? » demanda-t-elle comme on demande si le vin est bon au restaurant. Elle connaissait déjà la réponse. A l’époque où elle l’attendait, Judith ne buvait plus, enfin elle buvait beaucoup moins. Mais à un moment, elle avait fait une rechute. Une dispute et hop, elle avait descendu six bouteilles avant de s’effondrer. Sur le moment, tante Edith avait bien cru qu’elle allait perdre le bébé. June s’attendait plus ou moins à ce qu’un jour ça lui retombe dessus. Elle avait juste pensé que ça serait pour plus tard.

      « Non, vous auriez pu subir d’autres problèmes médicaux à cause de cela, mais ce n’est pas à cause de votre mère. Je vais vous suivre. Pour l’instant, vous pouvez continuer à aller en cours, à vive normalement. Toute fois vous aurez un régime à suivre. Mais je veux qu’au moindre signe vous veniez ici de toute urgence. Je vais vous donner un bracelet, comme ça si vous avez un malaise, on vous amènera directement ici. » Hum… rassurant, songea June.


    D E T A I L S I M P O R T A N T S
      Au contact d’un objet, des visions lui viennent d’une anecdotes lié à l’objet ou à son possesseur. Son pouvoir est très vivace. Elle ne peut pas faire comme si elle était normale, l’éluder, ou simplement le refuser. Il se manifeste pratiquement à chaque fois. C’est si fort et ce depuis sa tendre enfance, qu’elle a dû faire avec. En somme, des visions qui peuvent avoir différentes formes lui viennent à chaque fois qu’elle touche un objet, et la plupart du temps l’information retenue vient se loger quelque part dans son cerveau de surdouée. Il n’y a qu’en de rare occasion où la vision vient la perturber. Lorsque l’anecdote est violente ou traumatique ou lorsque la vision dure plus longtemps qu’elle ne le devrait. Les différentes formes abordées par les visions sont soit des bruits, l’anecdote est purement auditive, soit des sensations, elle sent ce qu’à ressentit le propriétaire de l’objet, soit une vision réelle, avec des images mais qui ne se superposent pas à la réalité. Ca peut aussi avoir la forme d’un rêve éveillé, lorsque la vision est complète. Bien sûr, June n’en a jamais parlé à personne. Excepté une fois à sa mère mais celle-ci était trop ivre pour comprendre ce que sa fille lui disait.


    Votre pseudo ? Eden Memories
    Quel est votre âge ? 22 ans
    Comment avez-vous connu le forum ? Par sa fondatrice
    Code du règlement ?
    Un p’tit commentaire ? Nop

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June Eastwood | A lovely little song

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