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 LIBERAME | Feat Tristan.

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Eden J. Hermangarde
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MessageSujet: LIBERAME | Feat Tristan.   Lun 29 Mar - 22:47



    Exténuée, la vampire l’était légèrement, faire l’amour avec un humain ne la fatiguait pas, mais avec un vampire, les choses changeaient. L’avantage d’être une créature morte c’est que l’on est pas couvert de sueur après un acte sexuel, même pas un peu humide, ni même essoufflé. La vampire s’était enroulée dans ses draps de soie noire, elle n’était nullement pudique, après tout, il avait vu tout son corps dans les moindres détails, ce n’était non plus le froid, de ce côté là, elle ne craignait absolument rien, la vampire ressentait seulement le froid. C’était une sensation gênante à ses yeux, alors elle demandait à ce qu’on fasse un feu dans son immense cheminée de marbre, pour ne plus souffrir de cette sensation de sa peau se glaçant un peu plus, mais rien ne valait le sang chaud des humains coulant dans ses veines. Elle était accoudée sur l’oreiller, sentant le poids si léger du bras du roi sur le bas de son dos. Ils avaient fait l’amour ensemble, comme un mari et son épouse, cela semblait si normal. Mais autour d’eux, tout était dévasté. Le lit avait cédé sous les coups de reins du roi et s’était écroulé sur le sol, les pieds brisés. La commode avait été brisé en deux lorsque le roi avait porté sa reine pour la déposer dessus, leur union avait eut raison de ce meuble ayant plus de trois ans au compteur. La belle armoire à l’ancienne quand à elle était renversée sur le sol mais semblait intacte. L’union charnelle de deux vampires avait une nette tendance à avoir raison du mobilier. Mais Eden en ferait venir de France et d’Italie dans trois jours. En attendant, elle pouvait compter sur des meubles moins beau et moins raffiné qu’elle disposait en secours pour ce genre de situation. Elle était habituée à cela, et comme ça ne la dérangeait pas, elle préférait que ce soit chez elle que se passe leurs parties de jambes en l’air. D’un geste, elle dégagea les mèches trônant devant le visage de son roi. Il semblait lui aussi un peu fatigué.

    Au dehors, le soleil n’allait plus tarder à se lever. Elle le sentait en elle. C’était comme une sorte d’alarme qui résonnait dans sa tête. Toujours la même mélopée revenant à chaque aube naissante, l’avertissant du danger de la lumière du soleil. Tous les vampires l’entendaient, ce n’était pas le même son pour chacun, parfois ce n’était qu’une sensation d’urgence qui les prenait, mais cette alarme silencieuse lui avait sauvé la vie bien des fois. S’oubliant dans les draps il lui arrivait souvent de ne plus se souvenir que le soleil se lèverait, parfois c’était la chasse qui occupait ainsi ses pensées jusqu’à lui faire oublier l’essentiel. Mais l’alarme était toujours présente, fidèle soldat, toujours à l’heure, jamais en retard. La vampire vérifia d’un coup d’œil que tous les rideaux étaient bien tirés. Elle avait commandé des lourds rideaux de velours rouge ne laissant pas passer la lumière. Entre les rideaux et les draps, la chambre avait une allure gothique, mais elle préférait cela à une ambiance à la mode comme toutes les couleurs de l’arc en ciel. La vampire contempla à nouveau son roi, apaisée par la quiétude de l’aube.

    Elle tendit le bras jusqu’à un cordon qu’elle tira deux fois. Un domestique ne tarda pas à apparaître, tenant un plateau d’argent sur lequel était posé deux tasses fumantes. Ce n’était pas du café encore moins du chocolat chaud mais bel et bien du sang humain réchauffé au micro-onde. Le château avec un service de livraison directe depuis l’hôpital pour recevoir des poches de sang de tout type de sang. Elle s’empara du plateau qu’elle posa devant eux puis chassa le domestique d’un geste. Le pauvre n’avait même pas osé lever les yeux sur eux, déjà qu’il n’en menait pas large devant la reine qu’il servait, mais la présence du roi, nu, dans le lit de la reine ne le rassurait pas d’avantage. Au contraire, il aurait volontiers pris ses jambes à son cou, mais au lieu de cela, il fit un effort monstrueux pour sortir le plus dignement possible. La reine s’empara de sa tasse qu’elle dégusta avec un plaisir à peine dissimulée. Elle préférait bien sûr la chasse mais là, tout de suite, c’était la gentille personnalité de Eden qui occupait son corps divin, et cette personnalité préférait les poches de sang plutôt que de risquer de tuer un humain à cause de la soif. Après l’amour avec le roi, elle mourrait toujours de soif.

    « Bois donc » dit-elle d’une voix douce en tendant l’autre tasse au roi. Elle eut un sourire nostalgique en songeant à la première nuit qu’ils avaient eut ensemble. Il y avait à l’époque une telle intensité de sentiments entre eux, c’était pour cela que ça avait été si bon, aujourd’hui, il lui semblait que le feu intense entre eux s’était apaisé. « Dis-moi, est-ce que c’est meilleur avec ton humaine ? »

    Il n’y avait aucune ironie dans ses paroles, ni même de la jalousie, ils avaient beau être mari et femme, ils n’avaient pas une relation très fermée au contraire. Eden avait ses petits mignons, comme elle les appelait, des hommes qu’elle chevauchait et dont elle se nourrissait, et elle savait parfaitement qu’il avait des compagnes humaines mais une seule attirait vraiment son attention, elle aurait pu se sentir jalouse tant le vampire était proche d’elle, tant il était attaché à cette humaine, mais elle ne l’était pas. Du temps où elle était mortelle, elle était déjà l’épouse d’un roi, mais cet homme était plus dangereux sans doute que Tristan, n’avait-il pas assassiné toutes ses épouses les unes après les autres ? Tristan lui, n’avait jamais tué une de ces compagnes humaines excepté peut-être pour leur accordé l’immortalité. Ce roi meurtrier, il l’avait trompé maintes et maintes fois, et malgré la jalousie qui la rongeait, elle n’avait rien dit, parce qu’elle l’aimait, qu’elle était fascinée par lui. Eden avait changé, aujourd’hui, elle était une vampire, et à moitié folle. Du moins, elle était malade mentalement. A cause de ce roi qu’elle avait aimé. C’était pour cela qu’elle ne voulait plus se ronger à cause des autres femmes. La personnalité plus violente était parfois jalouse, d’autre fois elle s’en moquait. Mais sa personnalité douce, Anne, s’en moquait éperdument. Elle aimait bien Tristan mais n’éprouvait plus d’amour envers lui, du moins pas de l’amour comme les humains le conçoivent. Elle s’intéressait vraiment à la relation qu’il entretenait avec cette humaine, parce qu’elle se considérait comme l’amie la plus proche de Tristan.
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MessageSujet: Re: LIBERAME | Feat Tristan.   Mar 30 Mar - 0:27

Faire l’amour avec une vampire, c’est totalement différent qu’avec une simple humaine. C’est sauvage, passionné et surtout dangereux pour toute sorte de mobilier se trouvant dans les environs. Mais c’était ça qui était le plus intéressant. Une humaine, c’est tellement fragile. Il faut toujours faire constamment attention à ne pas la briser.
A chaque fois, Tristan se revoyait au jour de sa nouvelle « vie » en tant que vampire, lorsqu’il avait brisé si facilement cette humaine en ses bras. Sa mort ne lui avait d’abord fait ni chaud ni froid puis les sentiments anciennement humains étaient revenus à la surface et, il s’en était énormément voulu. Il s’était trouvé monstrueux et avait immédiatement détesté ses pouvoirs. Le jeune vampire était alors entré dans une phase de dépression. Le vampire n’était pas faible psychologiquement, bien au contraire, il avait vécu dans l’horreur la plus totale en tuant ses ennemis et en voyant mourir ses compagnons les plus chers à ses yeux. Il avait déjà fait plein d’erreurs mais, il ne supportait pas que l’on s’en prenne à des innocents. Il détestait toute forme d’injustice, tuer une personne faible était contre tous ses principes. Et pourtant, lors de son premier jour en tant que vampire, il s’était empressé de le faire. Heureusement, son maître l’en sortit à force d’arguments pour pouvoir commencer son éducation de vampire. Ce fut long, affreusement long, dur et douloureux. Il dû apprendre à résister à toutes ses pulsions de tueurs, à se contrôler et à pouvoir se fondre dans la masse des humains mais au fil des ans, il y parvint finalement. Maintenant, il était invisible parmi les humains. Il ne paraissait qu’être un homme particulièrement attirant qui charmait beaucoup de femmes. Et il aimait ça.

Il arrêta de fixer le plafond en songeant tout à un tas de choses comme, par exemple, de son passé lorsqu’il ressentit une étrange sensation. Il aurait dû s’en accoutumer depuis ces mille cinq cent années de vampirisme mais pourtant, il avait toujours l’impression de posséder un cœur battant à folle vitesse qui lui résonnait dans le corps entier : le jour allait se lever. Poussant un soupir à fendre l’âme, il se demanda un instant s’il ne regrettait pas sa vie d’humain à chaque fois que cette heure sonnait. Eux, au moins, ces êtres si faibles, pouvaient sortir le jour et voir l’immense boule jaune dominer majestueusement le ciel en réchauffant leur peau et en leur donnant une joie de vivre intense. Ils pouvaient également sortir la nuit, à leurs risques et périls alors que les vampires, créatures si puissantes, étaient destinées à vivre leur éternité sous la blancheur mélancolique de la lune. C’était injuste. Vraiment injuste.
Tristan regarda la chambre d’Eden pour constater les dégâts. Il n’y jeta qu’un vague coup d’œil désintéressé mais vit tout de même les dégâts qui lui arrachèrent un petit sourire fier. Stupide fierté masculine qui ne disparaissait même pas lors de la mort d’un humain. Ses sentiments humains le hantaient encore et encore. Il était condamné à les ressentir jusqu’à la fin des temps. Pourtant, ce n’était peut-être pas si mal, non ? Grâce à ça, il pouvait se montrer juste et loyale et… Grâce à ça, il s’était attaché à la jeune humaine.

Se retournant vers la reine, il la fixa sans laisser transparaître aucun sentiment sur son visage. Il observa sa beauté presque irréelle sans montrer le moindre état d’âme. Elle était effectivement magnifique avec sa peau d’albâtre, blanche comme la neige, tellement pâle qu’elle semblait presque translucide. Ses yeux ourlés de cernes et ses prunelles ardentes paraissaient si profondes qu’on ne pouvait que s’y noyer en les observant. Elle le fixait aussi calmement, ses cheveux châtains faisant une auréole autour de son visage aux traits fins et sereins. Sa nudité était à peine dissimulée par un drap noir qui faisait un étonnant contraste avec sa peau diaphane et qui était pourtant assorti à ses iris. Levant un bras à l’apparence fragile qui possédait toutefois une force phénoménale, elle tira sur le cordon avant qu’un domestique n’apparaisse, ayant déjà deviné les attentes de la jeune femme. Il posa le plateau sans oser les observer. Un humain pouvait être, en effet, effrayé par leur statut pourtant il n’avait pas à avoir peur, Tristan n’allait pas le croquer…Quoique… Non. Il préférait boire le sang des jeunes femmes plutôt que celui des hommes. Question de morale. Pour lui, sucer le sang de quelqu’un était quelque chose d’intime, un peu comme faire l’amour et il ne le faisait pas à n’importe qui. Il choisissait les proies en fonction de critères très précis : le sexe, la beauté, etc.
Eden prit une des tasses que le serviteur avait déposées sur un plateau et Tristan ne fit pas plus attention au domestique pour reporter son attention sur sa reine qui buvait goulument le contenu du récipient avec une gourmandise absolument pas dissimulée avant de lui dire :

« Bois donc »

Il prit la deuxième tasse avant de prendre un peu de ce sang. Ce n’était, certes, pas aussi bon que le sang des humaines qu’il prélevait de lui-même mais c’était tout de même exquis. Et il fallait avouer qu’il avait faim. Tant d’énergie utilisée l’avait creusé. La vampiresse continuait :

« Dis-moi, est-ce que c’est meilleur avec ton humaine ? »

La question avait été posée de manière tout à fait stoïque et Tristan ne décela aucune trace de jalousie ou de mépris. Il prit le temps de réfléchir alors qu’il connaissait déjà la réponse à cette question puis répondit simplement :

« Ça dépend. Ce sont deux choses complètement différentes. »

Laissant un nouveau silence, il la fixa avec une intensité presque animale avant de continuer :

« Avec elle, je me dois de faire tout le temps attention à mes moindres faits et gestes. C’est donc très doux mais avec toi, je peux laisser mon côté sauvage remonter à la surface. Je suis sûr de ne pas te blesser. »

Le roi de cœur attrapa sans aucune délicatesse le menton d’Eden pour l’embrasser, lui volant, au passage, un peu de sang qu’elle n’avait pas encore avalé puis il se lécha la lèvre supérieur en la fixant simplement.

« Pourquoi est-ce que ma relation avec cette humaine t’intéresse autant que cela ? »

Il avait fait bien attention à reprendre les termes d’Eden, prenant son ton habituellement décontracté car il voulait montrer une certaine distance avec elle en cet instant. Pendant qu’il avait fait l’amour avec la reine vampire, il avait jouit en pensant à Laurel et ça l’avait quelques peu déconcerté sur le moment mais il avait eu le temps de s’en remettre. Cette humaine devenait une obsession pour lui, ce n’était peut-être pas si bon que ça…

« Et toi, avec tes humains, c’est meilleur qu’avec moi ? »

Cette question le démangeait. Simple fierté de mâle. Il pensait déjà se douter de la question mais… On ne pouvait jamais vraiment le savoir avec Eden. Tristan savait très bien qu’elle n’était pas très stable psychologiquement alors il pouvait s’attendre à tout avec elle. Un petit sourire amusé étirait ses lèvres et ses yeux pétillaient de malice tandis qu’il reprenait une gorgée de sang chaud. Mmm… Vraiment exquis ce breuvage…


Dernière édition par Tristan Reynolds* le Jeu 1 Avr - 0:25, édité 1 fois
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Eden J. Hermangarde
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MessageSujet: Re: LIBERAME | Feat Tristan.   Mer 31 Mar - 19:42

    Il l’embrassa sans délicatesse aucune, laissant toute cette virilité masculine ressortir. Lorsqu’il était avec elle, c’était un soldat viril, un chevalier comme elle en avait tant connu, qui était à ses côtés. Anne était une créature délicate dans les bras d’un homme aussi viril que pouvait l’être Tristan, un homme taillé à une époque où les combats étaient aussi courrant que le sont aujourd’hui les soirées en boîte de nuit. C’était une époque différente, on attendait autre chose des hommes comme des femmes. Anne avait reçu l’éducation adéquate à une demoiselle de bonne famille, sans doute sa famille avait voulu en faire une parfaite servante au service du roi dans l’intention évidente qu’elle en devienne sa maîtresse. Seule manière pour une famille de petite noblesse d’obtenir un peu de pouvoir. C’était ça ou réussir à la faire épouser un lord ou une famille riche. Mais les Boleyn n’avait ni besoin d’argent, ni le désir de gagner des plus hautes sphères, ils voulaient être à la cour, et son père caressait l’espoir de devenir conseiller du roi. D’une certaine manière, il avait réussit. Et Anne n’avait jamais pu goûter le plaisir d’être séduite par un chevalier, un guerrier aux muscles parfaitement dessiné, même si le roi qu’elle avait finit par réussir à épouser envers et contre tous, était un soldat dans sa jeunesse. Mais lorsqu’elle parvint à atteindre sa couche, cela faisait trop longtemps qu’il n’avait plus user de ses muscles, même s’il demeurait d’une grande beauté, il n’était plus aussi agile ou fort que dans sa jeunesse. Mais cela avait convenu à Anne, car ce qu’elle désirait à l’époque c’était plus le pouvoir que la couche du roi. Aujourd’hui, les choses avaient bien changé. Eden avait connu de nombreux hommes, mais les vampires avec qui elle avait couché en revanche était peu nombreux. Il est rare que deux vampires puissent s’entendre aussi longtemps, d’ordinaire en dix ans, ils finissaient par détester l’autre car il le prive de sa liberté. Sans parler des humains tellement plus séduisant que des vampires…

    Anne était la personnalité douce de Eden, celle qui aimait les humains, celle qui ne ferait pas de mal à une mouche, celle qui se désespérait d’être une créature vouée à faire le mal, mais aussi celle qui détestait être reine des vampires, qui n’aimait pas prendre une décision. Anne aimait Tristan avec tendresse, mais elle préférait les femmes plus délicates, plus douces, plus câlines également. Pendant qu’ils avaient fait l’amour, c’était Erzébeth qui tenait le navire, qui occupait l’esprit de Eden. Erzébeth dont le prénom était celui de la comtesse sanglante, de Bartory. Cette personnalité plus trouble mais plus sombre également, adorait faire l’amour avec Tristan, mais elle ne l’avait épousé que pour le pouvoir, et dès qu’elle l’avait eut, rester discuter avec le roi vampire ne l’intéressait pas alors elle laissait place à Anne, la douce, la gentille, celle qui écoute, celle qui comprend, celle qui pardonne. Tristan s’en rendait compte parfois, d’autre fois non. Tout dépendait de l’intensité de l’acte, de la violence aussi. Mais il savait que son épouse avait deux personnalités bien distinctes. Il savait également que chaque personnalité avait un prénom différent mais ignorait lequel car dans le but de masquer ses troubles psychologique la reine n’en parlait guère. Toute la cour s’en doutait, certains le savait, et personne n’osait en parler, surtout pas devant elle. Les colères de Erzébeth était bien connues.

    Erzébeth aurait sans doute apprécier ce baiser pas vraiment tendre, elle aurait aimé sentir le roi boire le précieux liquide à travers ce baiser, mais Anne aimait seulement le contact de ces lèvres si douces. Elle aimait la présence du roi à ses côtés, son corps nu allongé sur le lit royal, ces muscles puissants dessinés par les mains de Dieu mais aussi par de sombres combats auxquels elle ne voulait songer. C’était un sentiment de confiance, comme s’il pouvait la protéger de tout, qu’il lui inspirait. Son visage n’était ni marqué par les années ni par les horreurs qu’il avait pu voir, elle y lisait encore l’innocence de sa jeunesse, empreint d’un air confiant, déterminé, celui d’un roi. Parfois Anne songeait à combien il aurait été plaisant que ce soit Tristan qu’elle épouse lorsqu’elle était humaine, au lieu de Henri. Humain, Tristan avait dû être quelque de bien, quelque part, il l’était encore. C’était un bon roi, à l’écoute de ses sujets, elle était bien plus cruelle comme reine, malgré elle, c’était Erzébeth qui était cruelle et crainte, pas Anne. Mais occupant le même corps, forcément, elle en était responsable aussi quelque part. Mais ils étaient des vampires, et leur nature les poussait à chercher la compagnie humaine plutôt que celle des vampires. Tous ressentaient une tension lorsqu’ils restaient trop longtemps au château. C’était d’ailleurs incroyable qu’ils aient pu vivre aussi longtemps les uns avec les autres. Anne ressentait cette tension, sans doute plus que Erzébeth, même Tristan devait mieux supporter la présence des autres vampires. Mais Anne était restée attachée à son humanité, et elle ne se sentait vraiment bien qu’en présence d’humains. Il y avait bien quelques vampires avec qui elle se sent à l’aise, des vampires comme Tristan.

      « Ça dépend. Ce sont deux choses complètement différentes. » Anne le fixait droit dans les yeux, et elle pus sentir le regard du vampire se durcir. Un frisson lui échappa sans qu’elle puisse le contrôler. Par moment, Tristan lui faisait peur. Ces moments disparaissaient rapidement, mais ils étaient présents tout de même. Ridicule, n’est-ce pas, qu’un vampire puisse avoir peur d’un autre ? Pas tant que cela. « Avec elle, je me dois de faire tout le temps attention à mes moindres faits et gestes. C’est donc très doux mais avec toi, je peux laisser mon côté sauvage remonter à la surface. Je suis sûr de ne pas te blesser. »


    La vampire savait parfaitement de quoi il parlait. Lorsqu’elle séduisait une humaine, elle avait d’ailleurs une manière bien particulière d’agir : devenant une amie tout d’abord, se montrant si présente, si douce, si affectueuse et si charmante, que l’humaine ne pouvait que tomber sous son charme pour la laisser venir la nuit boire son sang. L’humaine n’en conservait qu’un léger malaise le matin venu, le manque de sang s’en ressent légèrement sur le corps, mais cela disparaît rapidement. Et puis, chaque nuit, elle venait, prélevant le précieux liquide, faisant croire à sa victime que ce n’était qu’un mauvais rêve. Parfois la relation allait plus loin, mais cela n’intéressait que très peu Anne. Elle préférait l’extase que lui apportait le sang, extase que ressent également sa victime, plutôt que l’acte sexuel en lui-même. Mais la délicatesse féminine pouvait rendre cela plus intéressant qu’avec un homme. C’était l’avis de Anne, un avis que ne partageait pas Erzébeth plus encline à la violence. Et les rares fois où Anne s’adonnait aux plaisirs charnels avec un humain ou une humaine, il fallait qu’elle veille à ne pas la mordre trop fort, ne pas la lécher avec trop de ferveur, ne pas la blesser. La délicatesse chez Anne était une seconde nature, mais lutter contre les instincts bestiaux du sang démoniaque coulant dans ses veines était parfois difficile. C’était pour cela qu’elle préférait boire le sang, plutôt que l’acte charnel, trop violent à ses yeux, surtout avec un homme et tellement plus compliqué également. Mais elle admettait volontiers que cela devait être plus compliqué pour Tristan. Après tout, c’était un homme et un homme des plus virils qu’elle connaisse. La délicatesse pour eux n’était pas naturelle, il leur fallait donc redoubler d’effort, être toujours sur ses gardes. Comme cela devait être difficile et déplaisant. Qu’elle était heureuse d’être une femme dans ces instants là.

      « Pourquoi est-ce que ma relation avec cette humaine t’intéresse autant que cela ? » Erzébeth aurait trouvé cette question très intéressante, mais dieu merci, elle ne semblait pas vouloir intervenir. Parfois, elle s’incrustait dans l’esprit de Anne en lui lançant des piques méchantes, la destabilisant si facilement. « Parce que je me soucis de toi, est-ce mal ? » fit-elle avec une voix presque enfantine. « J’ai seulement envie de savoir si tout va bien. On m’a dit que tu étais très proche d’une humaine. Mais je n’aime pas me fier aux racontars. »


    Toute la cour en parlait, d’une humaine très charmante, au caractère ne manquant pas de piquant qui aurait pris le cœur du roi. La cour pouvait être si mesquine. Ils en riaient presque. Pourtant, tous avaient connus un jour cela. C’est le lot de tous les vampires de tomber amoureux d’un humain ou d’une humaine, d’en devenir tellement obsédé qu’ils en perdaient le sommeil et parfois même l’envie de boire le sang. Combien de vampire connaissant la première fois la ferveur de l’amour avec un humain finissent par se donner la mort car ils ne supportent pas l’idée qu’ils pourraient tuer l’être qu’ils chérissent tant ou simplement parce qu’ils ne pourront jamais vivre pleinement leur amour. Certains choisissent de transformer cet humain cher à leur cœur, mais généralement ça se passe mal par la suite. L’Infant cesse généralement d’aimer le vampire une fois qu’il est devenu vampire. La fascination opéré par le sang démoniaque cesse aussitôt qu’on est un vampire. Sans parler des relations toujours compliquées entre vampires. Combien ont eut le cœur brisé ainsi ? Certains ne s’en sont jamais remis. Anne était inquiète pour Tristan à cause de cela. Elle-même avait constaté des changements dans son comportement. Lui qui restait si souvent au château, enfermé dans ses appartement, à s’adonner à la lecture, sortait désormais si souvent. Toute la cour le savait, mais elle seule pouvait constater à quel point il avait changé. C’était de petits détails qui le trahissaient. Son regard absent par moment, le sourire qu’il avait soudainement, sans que rien d’apparent n’en soit la raison. Elle le regarda dans les yeux, avec un sourire doux, légèrement triste.

      « Dis-moi, est-ce que tu l’aimes ? » Par ces mots, elle ne parlait pas d’amourette, de cet attachement soudain qu’on a pour quelqu’un et qui disparaît quelques mois après, elle parlait de l’amour, le véritable amour, capable de vous rendre fou ou heureux, capable de changer tout en vous, de vous détruire ou de vous rendre invincible. « Songe-tu à la transformer en vampire ? »


    Elle ne voulait pas poser cette question, mais en tant que Reine, elle y était obligée. Mieux valait que ce soit elle plutôt que Dorian qui manquait terriblement de délicatesse ou pire encore, le Duc qui n’aimait guère les rois. Il ne le montrait pas, mais Anne était capable de sentir des choses que d’autres ne voient pas. C’était un don qui allait de paire avec l’attention, la capacité d’écouter vraiment, sans songer à d’autres choses en essayant de se montrer compréhensif. Les humains appelaient cela de l’empathie. Mais il fallait que l’on sache. Même un roi doit des comptes aux autres vampires. On ne transforme pas un humain sans le consentement des autres vampires, surtout des rois ou du Prince. Tôt ou tard, il faudrait qu’il en parle, le plus tôt était le mieux. Et puis, Anne espérait pouvoir l’aider. Elle n’était pas la mieux placé, Erzébeth avait bien rendu folle une de ces Infants et l’autre n’était guère mieux mentalement parlant, deux de ses Infants cherchaient à la détruire par tous les moyens, et nombreux l’avaient quitté. Mais c’était Erzébeth qui agissait, Anne n’avait transformé aucun humain en vampire, elle les préférait humains, tendre, doux, capable de tant de force et de choix difficile, mais n’ayant pas de poids à porter sur leurs frêles épaules. Elle ne partagerait cette malédiction avec personne.

      « Et toi, avec tes humains, c’est meilleur qu’avec moi ? » Ainsi donc la fierté masculine reprenait le dessus. Anne ne s’y était même pas attendu, pourtant, elle connaissait mieux le cœur des hommes que quiconque. Tristan ne lui posait guère ce genre de question, mais peut-être qu’il les réservait d’habitude à Erzébeth ou que celle-ci prenait le dessus à ces moments là. Il n’en fut rien. Anne se sentit soudainement très seule. Elle aurait préféré que ce soit son autre personnalité qui réponde, celle qui avait un sacré répondant et ne se laissait jamais démonté. Elle attendit, quelques instants, n’osant regarder Tristan dans les yeux, pinçant ses lèvres jusqu’à ce qu’elles en deviennent bleutés. Puis, prenant son courage à deux mains, elle répondit : « Tu sais bien que je n’aime pas faire cela avec des humains… enfin… je laisse cela pour Erzébeth. Enfin mon autre personnalité… Tristan… Tu ne devrais pas me poser ce genre de question. Tu sais que ça me met mal à l’aise. »


    Anne entendit un puissant rire à l’intérieur de sa tête. Elle ne put s’empêcher de se retourner. Mais bien sûr, il n’y avait personne d’autre. Qui oserait rentrer dans la chambre de la reine pendant que le roi s’y trouve ? Personne à moins de vouloir mourir. C’était donc Elle, qui s’amusait tant de la situation. ‘Tu n’as donc rien de mieux à faire que de m’ennuyer ? Vas-t’en !’ hurla Anne en pensée. Mais il n’y eut qu’un rire puissant pour lui répondre. Erzébeth allait venir. Anne luttait pour rester, elle ne voulait pas que Erzébeth reprenne le contrôle, mais c’était inutile, Erzébeth était déjà présente, elle s’insinua dans l’esprit, puis envahit le corps de Eden, saisissant le bout des doigts, les faisant bouger, puis affichant un sourire victorieux.

      « Elle a raison, Tristan, tu ne devrais pas poser ce genre de question. J’espère que tu ne te sens pas jaloux, j’ai toujours eut un mal fou à me contenter que d’un seul homme, vampire ou pas. Ce qui me plait, c’est la différence. Chacun a une manière de caresser, de mordre, de me prendre si différente ! C’est ça qui me plait tant. »[/color] fit la reine en éclatant de rire. Anne était si timorée, n’osant même parler de sexualité devant son époux, tout à fait ridicule si vous voulez l’avis d’Erzébeth. Heureusement qu’elle était là pour reprendre les reines. « Mais tu n’as aucun soucis à te faire, tu es un très bel étalon. Et au moins, toi tu es fort, je n’ai nul besoin de feindre la douleur ou le plaisir. »


    J'ai été très inspiré, donc gros pavé. Bonne lecture!
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MessageSujet: Re: LIBERAME | Feat Tristan.   Jeu 1 Avr - 0:23

Eden lui répondit presque immédiatement, d’une voix douce et naïve :

« Parce que je me soucis de toi, est-ce mal ? »

Tristan faillit lâcher un soupire de soulagement. Il n’aimait pas vraiment parler à l’autre personnalité d’Eden, il la connaissait et la savait moqueuse et arrogante. Elle trouvait toujours réponse à tout et ça en devenait lassant. Le roi préférait nettement ses conversations avec la douce Eden.

« J’ai seulement envie de savoir si tout va bien. On m’a dit que tu étais très proche d’une humaine. Mais je n’aime pas me fier aux racontars. »

Tristan ne répondit pas. Il se contenta de fixer droit devant lui, laissant ses yeux flotter dans le vague tandis qu’il pensait à sa dulcinée puis il entendit la voix d’Eden se faire plus douce pour poser une question :

« Dis-moi, est-ce que tu l’aimes ? »

Oui il l’aimait. Peut-être… L’aimait-il ? Oui, il le pensait bien. Tristan n’en était pas si sûr mais au vu de ses agissements, peut-être qu’il l’aimait. Il ne savait pas encore, c’était peut-être trop tôt, il ne voulait pas réfléchir à ce genre de choses… Mais il était roi et un roi se devait de savoir ce qu’il voulait, ce qu’il désirait, ce qu’il aimait. Un roi se devait de connaître sa propre personnalité et d’agir en fonction d’elle tout en respectant la justice, les lois ainsi que ses propres croyances. Un vrai roi, c’était comme ça. Toujours silencieux, il écouta la question d’Eden qui lui plut encore moins que la précédente :

« Songe-tu à la transformer en vampire ? »

S’il avait eu un cœur, celui-ci se serait sûrement arrêté pendant un dixième de secondes à cause de cette question effroyable. Mais Tristan n’avait plus de cœur depuis environ mille cinq cent ans alors il garda son sang-froid (Haha.) avant de se mettre à réfléchir sérieusement à la question, toujours silencieux.
Bien sûr qu’il voulait la transformer en vampire mais pour cela, il devait demander la permission puis il infligerait une grande souffrance au corps de sa dulcinée, il la tuerait mais lui ferait connaître l’immortalité. N’étais-ce pas une bonne chose de pouvoir vivre avec la personne que l’on aime pour l’éternité ? Ne souffrirait-elle pas si jamais elle voyait qu’il gardait son apparence juvénile tandis qu’elle commencerait à perdre sa jeunesse, à sentir sa peau se flétrir et qu’elle verrait apparaître les premiers cheveux blancs ? Il empoisonnerait son existence si jamais il restait avec elle alors qu’elle était humaine. Il l’empêcherait de se marier, d’avoir des enfants, une vie normale. Il serait toujours derrière elle à la traquer, à l’empêcher d’avoir un quotidien ordinaire… Tristan se devait donc de la faire devenir vampire.
Mais… Mais il ne le pouvait pas ! Il ne le pouvait pas sans lui demander son autorisation et puis, si elle acceptait, peut-être ne supporterait-il pas de voir celle qu’il aime morte entre ses bras puis se tordre de douleur pour peut-être en mourir si elle ne supportait pas la transformation… Peut-être qu’elle le détesterait ensuite, qu’elle le haïrait car elle haïrait l’immortalité. Elle haïrait peut-être son corps mort, l’absence du soleil dans sa vie. Laurel était une humaine, une jeune femme élevée par le soleil qui nourrissait sa peau, son cœur et son âme. Lui enlever le soleil lui serait peut-être fatal. Et puis, il ne fallait pas oublier que lorsqu’elle deviendrait elle-même vampire, elle ne serait plus sous son charme, elle se rendrait peut-être compte qu’il n’était pas aussi bien qu’elle le pensait… Ou peut-être qu’elle ne s’intéresserait à lui que pour son pouvoir, ce qui pouvait être pire… Il fallait aussi prendre en compte le fait que les vampires ne supportent pas vraiment la présence d’autres vampires, en effet, ils préféraient celle des humains.

Bien que Tristan soit une exception. Il aimait les humains, bien évidemment, mais il avait aussi apprit à aimer les vampires, en tant que Roi. Il aimait aussi et surtout la solitude mais plus que tout, il aimait la présence de son fidèle Charles à ses côtés. Sa rencontre avec Laurel l’avait complètement déboussolé. Il se s’était jamais senti ainsi et ne savait plus vraiment quoi penser. Rien que la première question de la jeune femme avait été difficile, la seconde l’était davantage. Mais il fallait qu’il se décide à répondre à sa Reine. Si bien qu’il finit par arrêter son mutisme pour parler, essayant de ne pas montrer qu’il était hésitant, de ne pas montrer ses faiblesses :

« En effet, il semblerait que j’aime une humaine. Je n’en suis pas encore sûr donc je ne peux pas encore réfléchir à une possible transformation en vampire mais pour l’instant, cette idée ne m’intéresse pas vraiment. Pour l’instant, son humanité me convient tout à fait. »

Que veux-tu Tristan ? Toi qui est d’habitude si confiant en toi, si déterminé et têtu, que veux-tu ? Ce n’est pas digne d’un roi d’hésiter ainsi. Un roi doit savoir prendre des décisions parfois graves le plus vite possible mais pourquoi n’arrives-tu pas à te décider sur le sort d’une simple humaine ? Peut-être parce qu’elle n’est pas une SIMPLE humaine à tes yeux, peut-être parce qu’elle est beaucoup plus à tes yeux et que ce genre de décisions ne se prends pas à la légère… Et cela peut se comprendre.
L’amour rends invincible, l’amour rends fort et beau. L’amour rends sûr de soi. Mais l’amour nous rends aussi, parfois, aussi fragile qu’un nouveau-né, pathétique et détestable. L’amour peut nous rendre cruel, bête et méchant. L’amour est tellement aléatoire…
Tristan regrettait d’avoir rencontré Laurel mais en même temps, il trouvait que cela avait été le meilleur jour de toute sa vie et il adulait ce jour. Il se retrouvait tellement partagé qu’il avait aussi l’impression d’être schizophrène…

Il dévia le sujet, trouvant qu’il l’avait clos de par sa réponse et voulant montrer à Eden que cela n’avait pas de réelle importance pour le moment, qu’il y réfléchissait. Il avait surtout besoin de voir Laurel afin de décider ce qu’il ferait. Il avait besoin de la voir, de la sentir contre lui pour que tous ses doutes s’envolent. Il avait besoin de la blottir au creux de sa poitrine et de nicher sa tête dans son cou en sentant les effluves de son shampooing pour savoir quelle était la meilleure solution. Il ne pouvait pas la prendre maintenant, il devait d’abord en parler avec Laurel…
Le roi dévia donc le sujet en retournant la première question d’Eden à celle-ci : était-ce meilleur avec ses humains ou avec lui ? Il se fichait, en fait, royalement de la réponse. C’était simplement pour rediriger la conversation afin d’éviter ces choses auxquels il ne pouvait répondre. Etais-ce si malhonnête de sa part ?

« Tu sais bien que je n’aime pas faire cela avec des humains… enfin… je laisse cela pour Erzébeth. Enfin mon autre personnalité… Tristan… Tu ne devrais pas me poser ce genre de question. Tu sais que ça me met mal à l’aise. »

Tristan sourit avec douceur et voulu caresser les cheveux de son épouse en la rassurant lorsqu’il comprit qu’elle venait de lui parler de sa schizophrénie. Elle n’en parlait jamais. Apparemment, elle détestait en parler et évitait tout le temps le sujet alors, Tristan, n’étant pas spécialement pervers ne lui posait pas de questions à ce sujet. Il était naturellement tabou, sans que personne ne le mentionne. Tous les deux le savaient très bien pourtant aujourd’hui, Eden venait de dire le prénom de sa deuxième personnalité. Le vampire le savait très bien, les personnes possédant deux personnalités les nommait souvent afin de se repérer un peu dans leur esprit, c’était plus facile s’ils essayaient d’en parler plutôt que de dire : ma mauvaise personnalité ou ma vraie personnalité car après tout, ils ne savaient pas réellement qui était la vraie. Peu à peu, la nouvelle personnalité pouvait devenir plus importante, manger la personnalité la plus faible et devenir la vraie. Donc son autre personnalité s’appelait Erzébeth… Intéressant…

« Elle a raison, Tristan, tu ne devrais pas poser ce genre de question. J’espère que tu ne te sens pas jaloux, j’ai toujours eut un mal fou à me contenter que d’un seul homme, vampire ou pas. Ce qui me plait, c’est la différence. Chacun a une manière de caresser, de mordre, de me prendre si différente ! C’est ça qui me plait tant. »

Un rire retentit dans l’immense pièce et y résonna. C’était un rire bien différent de celui qu’aurait émit la personne avec qui parlait Tristan un peu plus tôt. Un rire presque dément, un rire de personne sûre d’elle. Un rire détestable.

« Mais tu n’as aucun soucis à te faire, tu es un très bel étalon. Et au moins, toi tu es fort, je n’ai nul besoin de feindre la douleur ou le plaisir. »

Un petit sourire étira les lèvres du Roi mais pas vraiment un sourire fier, il aimait les compliments, certes, mais il aurait préféré que ce soit un compliment de Laurel plutôt que de cette dénommé Erzébeth. Il répondit :

« Tu es donc Erzébeth… C’est bon à savoir. J’aime poser des mots sur tout, c’est plus confortable. Eh bien, bien sûr que non, chère Erzébeth, je ne suis pas jaloux. Nous sommes un couple bien différent des autres, après tout. Nous agissons comme nous le voulons et tout va pour le mieux. »

Il finit lentement le contenu de sa tasse qui commençait lentement à se refroidir au fur et à mesure de leur conversation puis le reposa sur son plateau d’argent en écoutant le bruit de la porcelaine claquant contre l’argent qui résonna telle une musique dans toute la pièce puis il se leva pour s’approcher des lourds rideaux qui ne laissaient même pas filtrer la lumière du soleil et resta un moment, nu, devant ces rideaux sans rien dire pour lâcher :

« Les humains doivent commencer à se réveiller, maintenant. Ils vont bientôt reprendre leurs activités… »

Il laissa un instant de silence pour finalement demander, revenant sur le sujet qu’il avait initialement choisi d’éviter :

« Et toi, penses-tu que transformer la personne que l’on aime en vampire soit vraiment une bonne idée ? »

Le roi de cœur voulait avoir l’avis de l’une des deux. Peut-être qu’il aurait voulu avoir l’avis des deux mais pour l’instant, il pouvait bien se contenter d’un seul avis. Il pensait bien que ce serait Erzébeth qui répondrait à sa question mais il ne savait toujours pas comment elle fonctionnait car elle passait si facilement d’une personnalité à l’autre qu’il était souvent perplexe face à ses réaction parfois complètement opposées. Mais il savait qu’elle avait énormément souffert pendant sa vie humaine, il pouvait donc comprendre qu’elle soit ainsi et de toute façon, la folie ne lui faisait pas peur. Elle ne le repoussait pas non plus. La folie rendait Tristan indifférent tout comme la mort de ses ennemis. Il avait vécu dans un monde empli de folie, de sang, de meurtre et d’agonie, peut-être avait-il vécu en enfer durant sa vie d’humain. Il n’arrivait pas à croire que tout fut si paisible en ce nouveau Monde, en ce Monde moderne. Bien sûr, il y avait des guerres mais elles paraissaient si éloignées que Tristan se demandait parfois si sa vie d’humain n’avait pas été qu’un rêve ou qu’une vaste plaisanterie…
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Eden J. Hermangarde
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MessageSujet: Re: LIBERAME | Feat Tristan.   Ven 2 Avr - 2:50

    La Reine comprenait parfaitement ce qu’il voulait dire lorsqu’il disait qu’il préférait son humanité. Anne n’aimait guère la compagnie des vampires, ce n’est pas qu’ils étaient trop violents ou trop sanguinaires, mais qu’elle avait l’impression qu’elle ne pourrait guère évoluer avec eux, qu’ils ne lui apporteraient rien. Les humains au contraire, ils évoluaient si rapidement, ils étaient si changeant, parfois s’en était même déroutant. Un jour ils étaient fous d’amour, transit pour un être, prêt à perdre la vie pour cet être, et le jour suivant ils était déjà passé à autre chose, ils ne songeaient même plus à l’être aimé. Par moment, elle ne les comprenait absolument pas, mais alors pas du tout, et loin de la dérouter, cela l’enchantait d’avoir tant de mystère devant ses yeux. Il n’y avait pas que leur sang si chaud, pas que l’innocence qui pouvait l’attiré vers les humains, mais leur capacité à évoluer si rapidement, leur capacité à s’ouvrir au monde tandis qu’ils mourraient de peur devant l’inconnu, ils n’étaient que paradoxe et étrangeté, ils étaient si étonnant et si difficile à comprendre. C’était exactement cela qui les rendaient attirant. Pour un vampire, il n’existe que très peu de mystère, après tout, lorsqu’on était capable de vivre durant plus de cinq siècle, il devenait difficile d’être surpris, et pourtant, elle l’était sans cesse avec les humains. Leur sentiment, la puissance de leur sentiment était étonnante, ils étaient capable de changer totalement de caractère, leur mode de vie, leur vision du monde pour une amourette qui ne durerait guère. Ils étaient vraiment surprenant oui, mais dès qu’on les transformait en vampire, il perdait tout attrait, du moins, c’était ce que pensait Anne.

    Si elle devait se confier à Tristan, elle lui avouerait le nombre de fois où elle se mourrait d’amour pour une humaine, où elle se sentait enfin vivante, et qu’enfin elle ressentait quelque chose de fort, de puissant en elle, mais toutes ces fois où elle avait éprouvé de tels sentiments, où elle sentait son cœur battre, au figuré bien sûr, elle n’avait même pas envisagé sérieusement transformé ces humaines. Elle y avait songé, mais n’avait strictement rien fait pour concrétiser cette idée. Malheureusement, pour l’une d’elle, Erzébeth avait prit les rênes et l’avait transformé après l’avoir rendu folle. Ca avait été terrible pour Anne, et elle avait cru en finir. Mais voir ce qu’était devenue cette charmante jeune femme qui était si douce, si agréable, la voir devenir folle de rage, destructrice et mauvaise, ça l’avait convaincu que les humains devaient le rester. Elle ne pouvait imaginer reproduire une seconde fois cette erreur. Et comment infliger cela à un humain qu’on aime ? Erzébeth aimait sa nature, Anne non. Bien sûr, elle n’a pas vraiment eut le choix. Si son sire ne l’avait pas transformé, elle serait morte tué par le bourreau, décapitée. Mais quelqu’un ayant la vie devant soi, pouvant fonder une famille, avoir des enfants ou bien choisir une carrière, faire ce qu’il souhaite de son existence, c’était la pire chose à faire que leur enlever leurs projets, leurs rêves, leurs désirs pour ne leur offrir que les ténèbres. Bien sûr qu’elle ne lui parlerait pas de cette humaine qui avait été transformée contre son gré et en était devenue folle, parce que cela n’avait rien à voir avec la situation, ni de sa propre transformation, parce que cela non plus ne l’aiderait à faire son choix. Et pourtant, elle sentait qu’il fallait qu’elle l’aide, qu’elle essaie au moins de le guider.

    Il disait préféré son humanité, il disait l’aimer ainsi, et il semblait dire vrai, mais elle le connaissait. Il ne supporterait pas de la voir vieillir, de voir la vie s’échapper peu à peu d’elle, il ne supporterait pas de la priver du soleil, de ses amis, de sa carrière, parce que c’est ce qu’il arriverait s’il continuait sa relation avec elle. Les humains étaient capable de se consumer entièrement pour un vampire, l’attraction qu’opère les êtres des ténèbres sur les humains pouvait les détruire, cela ne se voyait pas, mais quelqu’un de proche pouvait le sentir. Et Tristan savait cela, il savait aussi qu’un humain résistant à cette attraction, irait voir ailleurs, car les humains ont le caractère changeant et qu’un être ne vieillissant pas finira par faire peur s’il n’est pas suffisamment attirant ou aimé. C’était possible d’avoir une telle relation avec les humains, certains vampires y parvenait, mais elle connaissait Tristan, il ne pourrait pas envisager une telle relation, ce serait trop dur pour lui. Et la transformer en vampire serait donc la seule solution. Parce qu’il était un roi, elle ne savait pas seulement pour l’existence des vampires, ce qui était déjà suffisamment dangereux pour elle, mais elle en connaissait la hiérarchie et probablement pas mal de choses sur leurs faiblesses, leurs règles. Elle en savait trop. Bien sûr, il y avait une autre solution, la meilleure solution et la plus simple, mais rare sont les vampires à la choisir parce qu’elle implique un choix très douloureux pour eux. La meilleure solution était de demander à un sorcier d’effacer tout souvenir de l’être humain et de modifier ses souvenirs. Pour l’humain, c’était le meilleur choix, il s’en sortirait très bien, mais n’aurait aucun souvenir de sa relation. Voir l’être aimé s’éloigner sans qu’il ne sache rien de votre douleur était sans doute l’une des plus grandes souffrances, le plus grand sacrifice que peut faire un vampire.

      « Je te connais, Tristan, et je crois que tu y songes déjà. » elle eut un sourire triste, elle ne voulait pas le forcer à en parler s’il ne le désirait pas et ne voulait certainement pas jouer les psychologue avec lui. Elle voulait juste l’aider à y voir clair, mais pour cela, il fallait qu’il le veuille bien. Et de cela, elle n’était pas certaine. « Je ne vais pas te forcer à te confier à moi, mais tu sais que je suis là si tu as besoin. Et tu connais mon avis sur la question. »


    Elle poussa un soupir, ramenant le drap sur ses épaules. Anne était beaucoup moins exhibitionniste que Erzébeth. Elle se sentait légèrement gênée en voyant la nudité de Tristan, ils ne faisaient plus l’amour, et le voir encore nu la perturbait. Il était sacrément séduisant, et même si elle était plus attirée par les femmes, elle ressentait cette attraction. Il faut dire qu’elle ne fréquentait pas trop les hommes, du moins Anne, et par le même coup, ne risquait pas d’être attiré par l’un d’eux puisqu’elle les ignorait. Mais le fait était là, Tristan dans toute sa nudité, avec ses muscles parfaitement dessinés, sa virilité, son air encore juvénile sur son visage, ses traits fins, ses mains larges d’homme maniant l’épée, ses bras musclés, tout cela était bien trop attirant. Elle baissa les yeux, se concentrant sur les plis des draps. Bon sang, cette couleur noire était sinistre dans un lit. Elle préférait les draps blanc, mais Erzébeth menait la loi question de décoration. Elle put reprendre son souffle, espérant que Tristan n’avait rien remarqué de sa soudaine confusion, et tenta de reprendre le cours de ses pensées où elle les avait laissés.

      « Ne la transforme pas en vampire. Quoi qu’il arrive, car tu sais comme moi qu’il arrivera ce moment où elle te quittera, et où elle n’éprouvera plus aucun sentiment amoureux pour toi. Dans le pire des cas, elle te haïra pour l’avoir transformé ou pour l’avoir gardé pour toi. Il est rare que les choses se passent bien entre un sire et son Infant si ces deux là étaient amoureux avant la transformation. »


    Ca pouvait paraître banal, mais ça ne l’était pas. C’était peut-être une vérité énoncé, mais elle avait la sensation que Tristan avait besoin de l’entendre. Elle approcha sa main de sa joue, la caressant doucement, pour lui montrer qu’elle était là pour lui, qu’elle serait toujours présente. Anne était sa confidente depuis le début, son amie, tandis qu’Erzébeth ne se manifestait que pour les questions sur le royaume et le sexe. C’était ainsi depuis toujours, et ça fonctionnait plutôt bien. Même si Anne craignait qu’un jour Tristan se lasse d’elle, n’était-elle pas trop fade pour un roi de son envergure, une vampire n’aimant que les humains, ne préférait-il pas Erzébeth ? Elle était tellement plus passionnante, plus intelligente aussi, le genre d’intelligente qui s’avérait intéressante pour les vampires surtout pour un roi. Erzébeth était une reine parfaite pour aider Tristan dans sa tache, tandis que Anne songeait toujours au bien être des humains avant celui des vampires même si elle reconnaissait que certains sujets valaient la peine qu’on se batte pour eux, mais elle n’avait pas la force de le faire. Il n’y avait qu’à voir sa réaction lorsqu’elle avait su pour la présence du Cercle des Ombres, elle avait tout simplement eut une trouille bleue. Erzébeth avait tout de suite pris les choses en main, s’il y avait une guerre à mener contre cette secte chaotique c’était elle qui la mènerait, elle était faite pour cela, elle n’avait peur de rien, au contraire, c’était elle qu’on craignait.

    Troublée par la question du roi, elle perdit tout ses moyens permettant ainsi à Erzébeth d’entrer en jeu. Anne aurait voulu résister mais c’était impossible. L’autre personnalité était tellement plus forte, elle menait toujours la danse, et Anne ne pouvait lutter contre elle, après tout, c’était elle aussi quelque part bien qu’elle ne sache pas comment cela était possible. La personnalité la plus puissante était entrée dans le jeu, et elle adorait mener la discussion. Connaissant le caractère tendre du roi, elle aimait lui rappeler qu’il fallait être inflexible et sûr de soi, qu’il n’y avait pas de place pour la faiblesse ou le doute. Etait-elle dure, oui, mais après tout, elle lui laissait Anne pour la douceur, les calins et les caresses, Erzébeth lui offrait un orgasme puissant si facilement, elle était la plus douée au lit, et la meilleure pour diriger le royaume.

      « Je suis étonnée que tu n’ai pas compris avant que c’était mon nom. Tu m’as pourtant rencontrée lorsque je portais ce nom, à cette époque je n’étais qu’une comtesse, mais quelle comtesse… on parle encore de moi quand on veut se faire peur la nuit. » Tristan et elle s’était rencontré en Hongrie, elle était alors la comtesse sanglante prenant des bains de sang de vierge, c’était à cette époque que le dédoublement de personnalité avait opéré définitivement. D’une certaine manière, elle était parvenue à maîtriser sa folie en coupant en deux sa personnalité, c’était mieux ainsi. « Mais heureuse de te surprendre mon roi, mon cher roi, tu as aimé j’espère cette petite partie de jambe en l’air. Mon mobilier lui s’en rappellera toujours. »


    Elle jeta un coup d’œil au mobilier dévasté de la chambre mimant un air triste mais c’était de la comédie et le roi s’en rendait parfaitement compte, après tout, il la connaissait bien maintenant. Lorsqu’il l’avait rencontré il avait été intrigué et charmé, c’était la première fois qu’il rencontrait une vampire aussi étonnante, par la suite il avait compris que ce qui l’avait tant surpris et intrigué n’était en fait qu’un dédoublement de personnalité, mais chez un vampire, et de manière aussi marqué, c’était rare. La manière dont elle maîtrisait ses personnalités, dont elle jonglait avec, demandait du temps, une éternité à vrai dire, mais aujourd’hui elle y parvenait avec tant de facilité. Elle savait qu’il préférait Anne, mais qu’il avait besoin d’elle aussi. C’était ainsi que ça fonctionnait entre eux. Le plus drôle, c’est qu’au moins, on ne s’ennuyait pas avec elle. Il évoqua les humains, ce qui fit songer à Erzébeth qu’elle avait plusieurs choses à régler avec ses domestiques, notamment avec ses conseillers, elle voulait que l’un d’eux mène une petite enquête pour elle.

      « Oh, oui, il va falloir que je leur donne du travail. Les pauvres, ils préfèrent avoir affaire à moi quand je suis de meilleure humeur, mais je crois qu’ils vont aimer le travail que je vais leur donner. » fit-elle en souriant. Elle choisissait avec soin ses domestiques. Il y avaient celles qui adoraient Anne et c’était les servantes, en revanche, pour les autres domestiques, c’était des personnes pas vraiment adorables ni vraiment gentilles, des personnes qui étaient fascinés par Erzébeth et adoraient la servir. Elle voulait en envoyer un ou deux s’enquérir de renseignement sur la Blanche Confrérie, s’il y avait un moyen de faire pression sur elle, ils pourraient peut-être vaincre définitivement le Cercle des Ombres. « Une petite affaire à régler. »


    Elle ne voulait pas en parler à Tristan afin qu’il ne soit pas impliqué si cela tournait mal ou si les humains utilisaient des moyens peu conventionnels. Moins la royauté serait impliqué, mieux cela serait. De plus, elle n’était pas certaine qu’il lui apporte son soutient, pourtant c’était nécessaire. Le Cercle des Ombres fourmillaient de sorciers, et il fallait bien parvenir à les contrer, le mieux serait de les priver de leurs pouvoirs le temps que les paladins les tuent. Mais personne hormis la Blanche Confrérie ne possédait un tel pouvoir. Malheureusement, ils ne voulaient absolument pas avoir affaire aux vampires. Le genre d’attitude parfaitement idiote, puisqu’ils n’étaient pas capable de s’occuper eux-mêmes du Cercle des Ombres.

      « Et bien, ça dépend de pas mal de chose. Si son caractère est suffisamment fort pour qu’elle épouse la nature de vampire, tu pourras la transformer sans mal, ta chère humaine. Peut-être que vous serez très heureux ensemble même. En revanche, si elle n’est pas assez forte pour cela, vaut mieux que tu laisse quelqu’un qui sait s’y prendre la transformer. Mais je serais toi, je demanderais à un autre vampire de la transformer. Les liens Infants et Sires sont déjà suffisamment compliqué pour qu’on n’y mêle pas les sentiments amoureux. »


    Tout méchante et mauvaise qu’elle était, Erzébeth était également intelligente et très perspicace. Elle connaissait Tristan, s’il aimait vraiment une humaine, il souffrirait quoi qu’il arrive. La meilleure des solutions était qu’il demande à quelqu’un d’autre de la transformer. Elle ne voulait pas le blesser par ses paroles, même si elle se moquait qu’il le prenne mal ou pas, mais si elle pouvait lui éviter une erreur, elle le ferait volontiers. En revanche, pas question que ce soit elle qui transforme cette petite humaine ! Si elle devait transformer quelqu’un ça ne serait certainement pas une petite humaine fondue d’amour pour le roi. Elle les choisissait pas parce qu’ils l’aimaient ou pas, mais parce qu’ils feront de bons vampires.
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MessageSujet: Re: LIBERAME | Feat Tristan.   Sam 3 Avr - 20:23

Toujours aussi innocente et naïve, Eden eut un vague sourire un peu mélancolique lorsqu’elle déclara :

« Je te connais, Tristan, et je crois que tu y songes déjà. Je ne vais pas te forcer à te confier à moi, mais tu sais que je suis là si tu as besoin. Et tu connais mon avis sur la question. »

Bien sûr que Tristan le savait déjà. Tout se savait déjà, ils se connaissaient déjà depuis assez longtemps pour pouvoir savoir comment pensait l’autre. Bien que cela fut plus compliqué pour le roi car il était face à deux personnalités bien distinctes et qu’il avait encore un peu de mal à les distinguer l’une de l’autre. Mais, même s’ils se connaissaient par cœur, ou presque, la discussion avait tout de même besoin d’avoir lieu, le non-dit ne faisait pas tout. Pour réfléchir, on a besoin de parler et c’était en entendant ce qu’il savait déjà que Tristan pouvait réfléchir plus sur la question.
Oui, il songeait effectivement déjà à la possibilité de transformer son adorable humaine en vampire mais… Mais c’était impossible ! Et pourtant, il ne pourrait pas tenir plus longtemps, elle commencerait à se faner et il ne pourrait pas le supporter. Il ne pourrait pas supporter de gâcher la vie de Laurel ni de la lui enlever. Il ne pourrait pas non plus la laisser tout oublier et s’en aller. Il était piégé.

Que faire ? Que faire ? Que faire ? Que faire ?


Cette question tournait incessamment dans sa tête depuis maintenant une bonne semaine et il commençait à ne plus supporter la situation. Mais le roi relevait toujours dignement la tête et continuait de se comporter comme si tout allait bien. Il avait BESOIN d’une conversation avec Laurel, c’était urgent. Il DEVAIT la voir. Maintenant, tout de suite, immédiatement !
Mais il ne pouvait pas partir maintenant.

« Ne la transforme pas en vampire. Quoi qu’il arrive, car tu sais comme moi qu’il arrivera ce moment où elle te quittera, et où elle n’éprouvera plus aucun sentiment amoureux pour toi. Dans le pire des cas, elle te haïra pour l’avoir transformé ou pour l’avoir gardé pour toi. Il est rare que les choses se passent bien entre un sire et son Infant si ces deux là étaient amoureux avant la transformation. »

Il était évidemment d’accord avec elle, il ne devait pas la transformer en vampire. C’était une question de morale. Pourtant… Pourtant il le voulait ! Au fond de lui, il fallait qu’il soit honnête avec lui-même, il voulait lui offrir l’immortalité, il voulait vivre à ses côtés jusqu’à la fin des temps. Il ne voulait pas la voir vieillir, il ne voulait plus empoisonner sa vie humaine.
Mais… Tristan ne voulait pas lui retirer son soleil, ses amis, sa famille et son bonheur. Pourtant, il avait besoin d’elle… C’était dur, tellement dur.
Tristan aurait voulu redevenir un enfant et laisser ses larmes couler, se blottir contre Eden pour qu’elle le réconforte, qu’elle lui dise que tout allait bien, qu’il n’avait pas de raison de s’en vouloir, qu’elle lui caresse les cheveux et le console. Mais, c’était impossible, il était un roi et il avait son honneur d’homme. C’était étrange car, quelques années auparavant, il n’aurait jamais ressenti ce genre de choses, comme si Laurel l’avait humanisé et qu’il puisse ressentir de nouveau la peine et l’envie de redevenir un enfant. C’était d’ailleurs stupide lorsqu’on avait mille cinq cent ans, mais, c’était ainsi. On ne contrôlait pas ses envies.
Le roi se contenta de serrer violemment le poing. Où était passé l’homme sûr de lui, autoritaire et intransigeant ? Il n’était plus vraiment là en cet instant, il y avait à la place un enfant innocent qui se cachait désespérément derrière un bouclier d’acier sachant pertinemment que celui-ci ne le protégeait que très peu et que sa barrière risquait de s’effondrer à tout instant.

Le roi, malgré son trouble, n’était pas aveugle et, il remarqua bien vite le changement de personnalité de sa femme. Il enregistra automatiquement le prénom de celle-ci qui ne lui dit tout d’abord, absolument rien. Il en fit allusion et elle répondit :

« Je suis étonnée que tu n’ai pas compris avant que c’était mon nom. Tu m’as pourtant rencontrée lorsque je portais ce nom, à cette époque je n’étais qu’une comtesse, mais quelle comtesse… on parle encore de moi quand on veut se faire peur la nuit. »

Stoïquement, il répondit immédiatement :

« Excuse-moi, après tant d’années, ma mémoire peut parfois flancher un peu pour des détails qui sont pourtant importants… »

Il s’en rappelait maintenant. Tristan se rappelait très bien de sa rencontre avec le monstre d’Hongrie, la femme qui voulait garder une jeunesse éternelle en prenant des bains avec le sang de jeunes vierges. Il se rappelait avoir entendu ces rumeurs qui l’avaient intriguées lors d’un jour d’exil dans ce fameux pays. Il était encore un jeune vampire un peu fou, plus ambitieux encore que maintenant et surtout très seul. Le jeune vampire était tout de suite tombé sous le charme de cette mystérieuse créature à la fois si douce et si violente, elle l’avait intriguée, il avait voulu la connaître plus… Et après de nombreuses péripéties, elle était maintenant sa femme et elle se tenait actuellement dans son lit. Un petit sourire éclaira le visage du roi, un sourire qui ne semblait pas avoir de réelle signification. C’était juste qu’il se rappelait parfaitement de cet épisode et qu’il se voyait encore, dans le passé, fou d’amour pour cette vampiresse. De l’eau avait coulé sous les ponts, depuis, et la flamme de son amour s’était tarie. Elle était parfois trop monstrueuse et fade pour lui mais il mentirait s’il n’avouait pas encore aimer la reine. Il l’aimait, oui, il l’aimait d’amour mais, son amour pour elle était moins fort que celui qu’il ressentait pour Laurel. Cette humaine était plus importante à ses yeux. Elle était plus importante que n’importe quoi. Bizarrement, il eut l’impression de se retrouver dans une de ces tragédies de Racine où l’amour était impossible et où l’issue était forcément funeste. Et c’était vrai. Dans tous les cas, la fin serait funeste. Si jamais il ne la transformait pas, elle vieillirait puis mourrait. Si jamais il la transformait, son humanité mourrait. Et, si jamais il décidait de lui effacer ses souvenirs, ce serait sûrement le plus insupportable de tous. Voir l’être aimé ne plus le reconnaître le rendrait fou.

« Mais heureuse de te surprendre mon roi, mon cher roi, tu as aimé j’espère cette petite partie de jambe en l’air. Mon mobilier lui s’en rappellera toujours. »

Le changement de sujet d’Erzébeth lui remonta un peu le moral, il pu se soulager un peu en se concentrant sur autre chose que sur le futur qui s’annonçait déjà sombre à cause de cette sombre secte des Ombres et, qui l’était davantage avec le choix qu’il devrait faire quant au futur de sa dulcinée. Mais, il n’arrivait pas à en sortir, si bien que ses yeux restèrent plongé dans le vague tandis que tout se mélangeait dans sa tête et qu’il ne pu laisser apparaître qu’un sourire légèrement amusé au coin de ses lèvres vermeilles avant de lâcher un petit « Huuuum… », Acquiesçant ses propos.
Il se reconcentra pour continuer à dériver du sujet principal pour parler des humains qui devaient commencer à se lever et à se préparer pour leurs activités diurnes.

« Oh, oui, il va falloir que je leur donne du travail. Les pauvres, ils préfèrent avoir affaire à moi quand je suis de meilleure humeur, mais je crois qu’ils vont aimer le travail que je vais leur donner. »

Se retournant vers sa femme, Tristan l’observa calmement sans rien dire. Il la connaissait assez pour savoir qu’elle préparait quelque chose mais il ne savait pas quoi. Elle était parfois tellement mystérieuse qu’il ne pouvait pas tout comprendre. Il connaissait bien ses serviteurs et savait que ce n’était pas vraiment des gentlemen. C’était plutôt des truands sans scrupules qui servaient la reine uniquement par peur mais aussi parce qu’elle leur donnait des travaux qui les intéressaient. Ils aimaient répandre la terreur et le sang sur leur passage et c’était le genre de personne dont Tristan s’était débarrassé pendant toute sa vie.
Soudain soucieux, il fronça les sourcils en fixant la Reine tout en essayant de sonder son esprit, mais il savait pertinemment qu’il ne saurait rien.

« Une petite affaire à régler. »

Frustré, il pensa à un moment espionner ce qu’elle comptait faire mais, ce n’était pas digne d’un roi. Et puis, il se devait de lui faire confiance. Erzébeth était intelligente, elle saurait comment réagir en cas de crise. Pourtant… Il se sentait un peu frustré d’être ainsi mit à l’écart. Peut-être ne le jugeait-elle pas digne d’être au courant de ce genre d’affaires ? Il en doutait… Mais jamais, au grand jamais, il n’aurait pu penser que c’était pour le protéger, cette idée ne lui effleura pas même l’esprit pendant un millième de secondes. Il s’imagina tout un tas de raisons qui ne lui semblaient pas être véridiques puis abandonna et se contenta de lui dire :

« Tu sais ce que tu fais. »

Retournant ensuite au sujet principal qui le torturait, il lui demanda son avis sur la chose. Tristan voulait avoir l’avis d’Erzébeth car, même s’il la savait dure et machiavélique, il n’ignorait pas qu’elle était également brillante et ingénieuse. Son épouse ne se garda pas de lui répondre :

« Et bien, ça dépend de pas mal de chose. Si son caractère est suffisamment fort pour qu’elle épouse la nature de vampire, tu pourras la transformer sans mal, ta chère humaine. Peut-être que vous serez très heureux ensemble même. En revanche, si elle n’est pas assez forte pour cela, vaut mieux que tu laisse quelqu’un qui sait s’y prendre la transformer. Mais je serais toi, je demanderais à un autre vampire de la transformer. Les liens Infants et Sires sont déjà suffisamment compliqué pour qu’on n’y mêle pas les sentiments amoureux. »

« Peut-être que vous serez très heureux ensemble même ». Cette phrase lui fit l’effet d’un baume au cœur et il se sentit flatté. De plus, c’était étrange de la part d’Erzébeth de dire ce genre de choses… La suite le refroidit immédiatement. « Quelqu’un qui sait s’y prendre pour la transformer ? » Laisser à quelqu’un d’autre le soin de transformer sa dulcinée ? « Demander à un autre vampire de la transformer. » ? Horrifié, Tristan sentit ses yeux s’agrandir sous le choc et resta un moment silencieux, perdu dans ses pensées.
C’était impossible ! Il ne pourrait jamais laisser quelqu’un d’autre poser ses mains sur Laurel pour la tuer ! Comment pourrait-il laisser quelqu’un la tuer ? Mais… Pourrait-il la tuer lui-même ? Erzébeth avait un point de vue, certes assez froid, mais véridique. Les infants et leurs maîtres s’entendaient que très rarement… Tristan ne le savait que très bien, s’il n’était plus avec son maître, c’était qu’ils avaient eu une dispute assez violente avant de se séparer. Il ne pourrait pas supporter le fait que Laurel le déteste pour ça…

S’asseyant sur le bord du lit, il mit ses coudes sur ses genoux et enfoui son visage entre ses mains pour les laisser aller sur son front pour descendre jusqu’à son menton comme si cela pouvait lui servir à se réveiller. Soupirant, il se demandait ce qu’il pourrait choisir entre ces quatre solutions qu’il énonça à voix haute :

« La laisser humaine, la transformer en vampire…Laisser quelqu’un d’autre la… Transformer en vampire ou… Ou… Lui effacer les souvenirs et passer à autre chose. »

Soudain silencieux, il se contentait de fixer les lourds rideaux en maudissant son statut de vampire. S’il avait été un humain, peut-être que la réincarnation, imaginons qu’il y croit, l’aurait permit de rencontrer Laurel en tant qu’humain et il aurait pu vivre tranquillement avec elle. Mais non, il avait fallu qu’il devienne vampire… Qu’il soit maudit à jamais et qu’il tombe amoureux de cette humaine. Il se voyait vraiment dans une tragédie. C’était une tragédie. Un sourire étira ses lèvres tandis qu’il lâcha échapper un rire. Se moquant de lui-même, se moquant de son propre malheur et de son impuissance.
Si au moins, il avait pu redevenir un humain... Ça aurait été plus facile, beaucoup plus facile.
Continuant à rire, il se passa la main dans les cheveux avant de se tourner vers sa femme :

« C’est… C’est tout simplement pathétique. Ce n’est qu’une humaine, je suis un roi. Je ne devrais pas perdre mon temps avec ce genre de détails inutiles. Surtout en cette période et pourtant… Je… Tout simplement pathétique ! »

Lorsque sa crise de rire se calma, il déclara :

« De plus, je dois me concentrer sur mes devoirs et entre autre, sur ce fameux Cercle des Ombres… »

Jetant un coup d’œil à Eden, il observa sa réaction, sondant son esprit à la recherche du moindre indice qui pourrait le mettre sur la bonne voie. S’il ne se trompait pas, elle essayait peut-être de trouver un moyen de détruire cette secte. Tristan n’était pas non plus voyant, il n’était pas sûr de son hypothèse, c’est pourquoi il fixait avec autant d’intensité sa femme. Il pouvait très bien se tromper. Après tout, à part cette secte, elle avait énormément d’ennemis, elle pouvait très bien vouloir se concentrer sur un autre ennemi. Elle avait également ses propres soucis…
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Eden J. Hermangarde
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MessageSujet: Re: LIBERAME | Feat Tristan.   Sam 3 Avr - 22:13

      « Excuse-moi, après tant d’années, ma mémoire peut parfois flancher un peu pour des détails qui sont pourtant importants… »

    Poussant un léger soupir, la reine exquise dans ces draps de soie noire contrastant presque trop violemment avec sa peau d’une blancheur surréelle. Elle contempla cet homme qu’elle avait aimé dès qu’elle l’avait vu. A cette époque, elle était une jeune vampire où la folie schizophrène menait une guerre acharné dans son cerveau, la guerre entre plusieurs personnalité faisait rage et elle était tout le temps obligée de boire du sang pour retrouver une paix intérieure bien éphémère. Jeune vampire, elle ne connaissait alors que peu de vampire, son sire bien entendu, qui était parti en voyage, encore une de ces brillantes idées consistant à chercher les origines des vampires, un voyage qui manqua de lui coûter la vie, mais il était téméraire et un véritable chien fou, en comparaison, Eden était très calme. Elle avait aussi fait la rencontre du roi de Hongrie, un vampire croulant qui avait plus d’un siècle d’existence et semblait être lassé de ce monde. Lorsqu’elle l’avait rencontré, elle l’avait trouvé immobile, comme si la vie l’avait tout à fait quitter, le moindre de ses gestes étaient si lents, qu’elle s’était demandé si un jour il finirait par ne jamais s’éveiller du sommeil qui saisissait les vampires durant la journée. Entre les vampires ridicules de la cour de Hongrie et son sire prince insolent désirant avaler le monde, ce beau vampire charmant sous bien des manières, avec un charme discret, son air noble et son regard brillant, elle avait tout de suite été séduit. Lorsqu’elle appris par la suite, des années après qu’il venait tout juste de devenir le roi des Etats-Unis dans le même coup que ce territoire venait de s’ouvrir au monde elle fit tout pour devenir son épouse et quitter le triste statut d’amante.

    Ne jugeant pas intéressant de répondre à cela, la reine se concentra sur d’autres sujets qui lui semblaient plus important à savoir son combat contre la Blanche Confrérie. Il faudrait qu’elle confie une mission de véritable agent secret à Lester, c’était un charmant jeune homme qui songeait sérieusement à devenir sorcier. Il commençait à chercher divers moyens d’obtenir plus de pouvoirs et la Reine entendait l’aider du mieux qu’elle puisse. Si les vampires n’y connaissaient absolument rien en magie, hormis quelques clans reculés d’Europe de l’Est, ne partageant leur secret avec personne, en revanche ils aimaient avoir quelques sorciers dans leurs alliés même s’ils s’en méfiaient comme de la peste. Un sorcier que vous payez peut faire des miracles en revanche un vampire à qui vous accorder votre protection, à qui vous confiez de vieux grimoire que lui seul peut déchiffrer, il est alors capable de vous faire des miracles sans que vous ayez à verser un sou. En plus vous avez le SAV avec vous. Absolument parfait. Lester n’y était pas encore, mais avec l’aide de Eden qui s’était toujours entouré de quelques mages et nécromants, il serait un sorcier tout à fait capable. Or Lester était parfait en apprenti sorcier, car il pourrait jouer les espions de premier ordre. C’est vrai qu’ils fouilleraient un peu dans son passé, mais il n’avait rien fait de très sombre avant de la rencontrer, elle. Il était de ces brillants esprits qui au repos deviennent dangereux. Elle lui ferait entièrement confiance, mais de cette mission, elle ne pouvait en parler à Tristan. Le roi semblait un peu frustré de ne pas en savoir plus, mais elle ne pouvait rien lui dire. Pour la sécurité de Lester comme pour celle de Tristan. De toute façon, elle savait très exactement ce qu’elle faisait. Une fois la piste vérifier, elle serait en mesure d’offrir à la royauté un moyen d’agir ou du moins de les éclairer sur l’état du sentier de la guerre. Et ça, c’était vital.

      « Tu sais ce que tu fais. »


    Elle sourit en songeant qu’il ne lui posait jamais de question lorsqu’elle parlait ainsi. Il était suffisamment intelligent pour comprendre qu’elle ne voulait pas discuter du sujet avec lui. C’était aussi pour cela qu’elle l’aimait. Parce que même si la passion du début s’était éteinte, elle l’aimait encore. Il était un bon roi, et un époux idéal pour une vampire. Pas jaloux, pas possessif mais présent et viril comme elle les aimait. En évitant certains sujets avec lui, elle lui permettait de garder sa conscience sauve ainsi que son honneur. Il ignorait exactement pourquoi, mais quelque part il devait s’en douter. Des bruits circulaient au château, mais personne ne savait vraiment ce qu’elle faisait, la seule raison pour laquelle personne s’en inquiétait réellement, la même pourquoi il ne lui posait pas de question, c’était que les choses s’arrangeaient toujours mystérieusement après qu’elle s’en soit occupée.

      « Tu ne crois pas que tu devrais envoyer un de tes serviteurs humains pour surveiller ton humaine ? Avec les vampires dissidents présents en ville, je ne serais pas tranquille à ta place. » La reine évoquait par ces paroles les vampires membre du Cercle des Ombres, mais il n’y avait pas qu’eux. N’importe qui voulant s’attaquer à un roi rapidement et sans risque s’en prendrait à son humaine. C’était rapide et facile d’autant que la plupart du temps les rois ne faisaient jamais surveiller leurs humains pour justement qu’on ne sache pas que c’est leur compagne. Mais en ces temps troublés, on n’était jamais trop prudent. « Ou alors je peux envoyer quelqu’un, si tu le souhaites, je connais un infirmier, elle ne s’en rendra même pas compte. »


    Ca ne la dérangeait absolument pas d’envoyer un de ces fidèles servant surveiller Laurel, en fait, ça serait peut-être même intéressant. Si elle pouvait en savoir plus sur le caractère de la demoiselle, elle en serait plus que ravie. Ca n’était pas de la jalousie qui la guidait, mais plus son besoin de contrôler le monde qui l’environnait. Cette fille couchait avec le roi, elle l’influençait forcément d’une manière ou d’une autre, son caractère importait. D’autant plus si Tristan songeait sérieusement à la transformer en vampire. Détails qu’elle saurait bientôt. En fait, elle s’attendait à ce qu’il la remercie poliment d’avoir donné son avis, comme il le faisait habituellement lorsqu’il lui demandait son avis dans une relation qu’il pouvait entretenir avec un humain, le plus souvent parce que les avis de Erzébeth avait beau être souvent intelligent, ils étaient plutôt froid et parfois même pas du tout dans les intérêts des humains qui restaient toujours à ses yeux des petits animaux adorables mais de simples jouets entre les mains des vampires. Tout le contraire de la vision d’Anne en somme. Mais Tristan ne réagit pas du tout de la manière qu’elle attendait. On aurait dit qu’il devenait fou. Anne l’aurait pris dans ses bras pour le calmer, aurait fait des gestes doux, mais Erzébeth en fut amusée. Pour une fois, elle le comprenait parfaitement. Réalisant que devant cette réaction, elle avait sa réponse. Il l’aimait, il l’aimait vraiment cette humaine, il en était au point où elle pouvait le changer, si elle le quittait ou si elle venait à décéder, il en perdrait le goût du sang, il ne pourrait plus continuer sa tâche de roi, il serait bouleverser. Elle soupira.

      « Tu l’aimes vraiment. » C’était dit. Mieux valait que ce soit elle qui le dise, ça semblait moins… pathétique comme il le disait si bien. Elle aurait pu répliquer que ce qui était pathétique c’est d’aimer autant une humaine aussi fragile, mais elle n’avait pas envie de se moquer de lui. Elle aussi avait aimé des humains, elle en avait même transformé par amour, une seule fois, il était s’était suicidé quelques années après parce qu’elle était partie en voyage sans rien lui dire et qu’il s’était imaginé qu’elle le quittait. Ca, c’était pathétique. « Ne laisse personne d’autre que moi l’apprendre. Elle deviendrait ton point faible, on voudra connaître ta décision pour elle. »


    Il évoqua le Cercle des Ombres, oui c’était un problème, un sacré problème. Le vrai problème c’était plutôt qu’on ne faisait rien contre eux. Le duc s’était exprimé et personne n’avait rien redit à la situation. ‘après tout, c’est son duché’ avait dit Dorian avec lassitude, l’autre roi aussi aurait volontiers déclarer la guerre, elle le lisait dans ses yeux, mais Tristan lui n’avait rien dit du tout, et du coup, la royauté n’en parla pas. Mais tout le monde s’en inquiétait. Comme si penser au problème ferait naître une solution qui irait toute seule détruire la secte. Bien sûr. Normal. La Reine s’était déjà attelé au problème. Elle avait contacté la Blanche Confrérie, avec l’accord des autres rois, et s’était trouvé avec une superbe réponse de ‘c’est pas votre problème’ en gros occupez vous de vos oignons sale vampire. C’était presque normal de leur part, mais elle savait qu’ils ne feraient rien contre la secte, soit disant police de la sorcellerie, on ne voyait jamais ce qu’ils pouvaient bien faire.

      « Ah tient, maintenant que tu en parles, tu as commencé à réfléchir à ce problème ? » elle voulait par là bien sûr en savoir un peu plus sur ce qu’il en pensait exactement et jusqu’où était-il prêt à aller pour le royaume à ce sujet. Pour elle, c’était une guerre pure et simple qu’il fallait faire, mais elle ne savait pas si Tristan irait jusque là.

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MessageSujet: Re: LIBERAME | Feat Tristan.   Jeu 20 Mai - 21:07

    « Tu ne crois pas que tu devrais envoyer un de tes serviteurs humains pour surveiller ton humaine ? Avec les vampires dissidents présents en ville, je ne serais pas tranquille à ta place. »

Fronçant les sourcils, il se contenta de lui jeter un coup d’œil tout en essayant de sonder son âme. Tristan connaissait assez bien la Reine pour savoir qu’elle avait quelque chose derrière la tête en déclarant ceci. Son côté de la personnalité avait un côté intelligent et pratique mais elle n’était pas du genre à parler innocemment. Il décida de la laisser continuer pour essayer de voir un peu plus clair dans son jeu :
    « Ou alors je peux envoyer quelqu’un, si tu le souhaites, je connais un infirmier, elle ne s’en rendra même pas compte. »

Bien sûr, le Roi de Cœur savait qu’elle n’était pas totalement machiavélique et qu’elle pouvait aussi s’inquiéter pour lui mais il savait qu’elle était aussi plutôt manipulatrice. C’était donc ça… Elle voulait envoyer quelqu’un pour surveiller Laurel et pour avoir un peu d’informations à son sujet. Un petit sourire amusé étira les lèvres du Roi tandis qu’il réfléchissait à tout cela et il haussa les épaules, se disant qu’elle pourrait bien assouvir sa curiosité si elle le voulait. Il déclara d’un ton poli qui ne
traduisait en aucun cas ses sentiments du moment :
    « Je veux bien que tu t’en occupes, s’il-te-plait. »

En temps normal, il aurait tout naturellement refusé tout simplement par pure méfiance mais il ne fallait pas oublier qu’il se trouvait face à la Reine. Il lui portait une confiance aveugle. Ou presque.
Son sourire en disait long sur ses pensées et on voyait bien qu’il n’était pas dupe, pourtant, il n’essaya pas de le cacher et se contenta de fixer Eden en se rappelant de l’amour qu’il lui avait porté quelques siècles plus tôt. Cette période ne lui semblait pas si éloignée que ça car la vie passait plutôt lentement pour les vampires. Il avait l’impression que la passion s’était éteinte à peine quelques mois plus tôt mais pourtant, c’était il y a si longtemps.
Demoiselle énigmatique et torturée qui l’avait tout de suite envoûtée. Il l’avait perdue de vue pour la retrouver et finalement l’épouser. Elle était parfaite. Présente et distante à la fois.
Et puis, ses conseils étaient très importants pour Tristan, il ne les négligeait jamais même si parfois il pouvait donner l’impression du contraire. Chaque conseil était gardé précieusement en mémoire et lui permettait d’émettre un jugement juste. Je ne dis pas par là qu’il n’était pas capable de réfléchir par lui-même, bien au contraire, c’était seulement qu’il aimait aussi avoir un avis extérieur, un avis qui le recadre un peu, un avis un peu plus objectif et extérieur. C’était plus commode pour prendre des décisions sans se tromper. Et qui de mieux qu’Eden ou Charles pour cela ?

Puis la conversation continua et il lui dévoila ses doutes vis-à-vis de la manière d’agir au sujet de son humaine. La transformer en vampire ? La laisser se dessécher et mourir ? Ou laisser quelqu’un d’autre la transformer ? Et si elle ne supportait pas la transformation et qu’elle en mourrait ? Et si son caractère en changeait ? Et si la folie la prenait à cause d’un esprit trop faible pour résister à ça ? Tout se mélangeait en lui et il ne savait plus quoi penser.
Le Roi de Cœur se permit de montrer son trouble et il devint presque fou en laissant tout sortir. Elle devait le trouver bien pathétique… Et il l’entendit même soupirer avant qu’elle ne prenne la parole pour déclarer, lorsqu’il eut fini de rire :
    « Tu l’aimes vraiment. »

Lui dire ça ne changerait rien à la situation. Ce n’était qu’une simple constatation pourtant, tout cela lui fit mal. Il sentit comme un coup de poignard dans son cœur tandis qu’il fermait les yeux, les plissant et avalant difficilement sa salive en faisant bouger sa pomme d’Adam. Rouvrant les yeux, son regard noir se chargea de douleur et il écouta la suite :
    « Ne laisse personne d’autre que moi l’apprendre. Elle deviendrait ton point faible, on voudra connaître ta décision pour elle. »

A part Charles et elle, personne n’était au courant et personne ne le serait. Il n’était pas assez fou pour exprimer ses sentiments à voix haute. Tristan n’était pas né de la dernière pluie et il avait déjà vécu dans une cour, et ce, assez longtemps pour connaître les dangers et les pièges de cet endroit où les intrigues et les rumeurs régnaient en maître.
Le vampire se contenta de rester silencieux, ne jugeant pas utile de répondre à cette phrase et il laissa ses yeux flotter dans le vide pendant un instant avant de changer de sujet en remettant les affaires du Cercle des Ombres en avant.
Respectant sa volonté de changer de conversation, elle se concentra sur le sujet qu’il venait d’amener sur le tapis et resta un moment silencieuse avant de se mettre à lui demander :
    « Ah tient, maintenant que tu en parles, tu as commencé à réfléchir à ce problème ? »

Bien sûr qu’il avait déjà réfléchit au sujet et ce, depuis longtemps et notamment depuis la dernière réunion où il était resté silencieux. Il avait écouté tous les avis mais avait décidé de ne pas se prononcer ce qui avait arrêté les discussions.
Pour lui, il ne fallait pas se précipiter et réfléchir posément à la situation. Après tout, ce n’était qu’une bande de rebelles anarchistes sans véritables règles et donc sans stabilité. En temps normal, cette bande aurait été écrasée en moins de deux mais malheureusement, ils les avaient sous-estimés et ils s’étaient révélés plus puissants qu’ils ne le pensaient. Où résidait leur puissance ? Tout simplement dans le fait qu’ils étaient unis contrairement à eux qui formaient des groupes à part.
Les vampires, les lycans et les sorciers ne s’appréciaient pas plus que ça et ils faisaient bande à part. Tristan était d’avis à ce que tout le monde essaye de se regrouper, même pour une fois afin de s’unir contre l’ennemi mais les discussions avec les autres semblaient avoir été vaines. S’ils avaient été unis, une simple pichenette aurait suffit pour écraser ce groupe qui n’était pas si important que ça. Ils auraient été supérieurs en nombre et tout se serait réglé en peu de temps. Mais ce n’était pas le cas.

Soupirant, il réfléchit à la situation et peu importe comment il tournait et retournait la chose, il ne lui venait qu’une chose en tête. C’est donc avec un ton sérieux qu’il se contenta de prononcer les deux mots qui lui venaient en tête. Il les prononça d’une manière détachée afin de leur donner plus d’importance. Ses yeux devinrent sérieux et il répondit enfin :
    « La guerre. »

Le vampire nu aux cheveux mi-longs haussa les épaules pour enfin se décider à expliquer son raisonnement, jugeant qu’avec elle, il pouvait se permettre de lui expliquer ses pensées :
    « Si nous n’arrivons pas à nous unir avec les autres races nous devrons nous occuper d’eux par nous-mêmes. Si les autres nous rejoignent, ce serait l’idéal mais si ce n’est pas le cas, nous nous devons de protéger notre territoire et notre honneur. »

A ces mots, son regard était devenu étincelant. Ce n’était plus un roi qui était aux côtés de la Reine mais un fier chevalier parlant d’honneur et de combat. Son sang bouillonnait, il allait enfin pouvoir se battre, enfin pouvoir reprendre du service. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas pu faire ce genre de choses à cause de son statut…
Il continua, cependant, pensant subitement à Laurel :
    « De plus, ce sont les humains qui seront les principales victimes de ce massacre. Ces rebelles sont lâches or les humains sont des proies faciles et tellement vulnérables… Si nous ne nous dépêchons pas d’agir, ce sera un véritable massacre. »

Il posa alors une question dont il connaissait déjà la réponse. Mais après tout, on ne savait jamais avec elle alors il préféra lui demander tout de même :
    « N’es-tu pas d’accord avec moi ? »

Oui, Tristan voulait entendre de vive voix l’avis d’Eden qui s’était également tue à cette fameuse réunion.
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Eden J. Hermangarde
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MessageSujet: Re: LIBERAME | Feat Tristan.   Mar 25 Mai - 20:30

La Reine observa son époux, elle devinait sous son sourire qu’il comprenait qu’elle n’avait pas faite cette proposition uniquement pour le bienfait de leur couple, malgré le fait qu’il savait qu’elle agissait par machiavélisme, pour assouvir sa curiosité, il avait dit oui. Cela voulait-il dire qu’il lui faisait confiance. Elle savait qu’il lui faisait confiance pour les décisions concernant le royaume, qu’il avait toujours vu en elle une Reine, mais cela était une chose de lui octroyer sa confiance au sujet du royaume, cela en était une autre de lui ouvrir la voie vers sa vie privée. Bien qu’elle ne se soit jamais montré jalouse vis à vis de ses conquêtes humaine, il aurait pu penser qu’elle l’était, les vampires sont les créatures les plus douées pour masquer leur sentiments, même aux personnes les plus proches. Le fait qu’il accepte aussi facilement sans discuter ni poser de question, montrait à quel point il lui faisait confiance. La Reine en éprouva de la joie, pas seulement un sentiment victorieux parce qu’elle avait obtenu ce qu’elle désirait, mais une joie simple d’être apprécier et reconnue. Le fait que Tristan lui fasse toujours aussi confiance comme au premier jour lui apportait un sentiment de paix. Erzébeth ressentait si peu ce genre de chose, d’ordinaire c’était resté à Anne. C’était Anne que Tristan appréciait, c’était à elle qu’il faisait confiance, à elle qu’il se confiait et s’il devait un jour pleurer, ça serait dans ses bras à elle qu’il le ferait. Erzébeth adorait joué les mauvaises, les méchantes, parce que ça lui allait comme un gant. Mais lorsqu’elle était face à des sentiments aussi agréables ça ressemblait à quelque chose d’à la fois étouffant et de trop brillant, comme si ça n’était pas fait pour elle, qu’elle avait dû mal à concevoir qu’on puisse lui offrir ce genre de chose. Aussi elle préféra se concentrer sur son sentiment de victoire. Tristan lui faisait une confiance aveugle, sans doute trop, mais elle était bien placé pour savoir qu’en amour il se laissait envoûter par ses sentiments au point d’oublier combien le monde pouvait être cruel et que les histoires d’amour finissent rarement bien. Elle le savait, et ferait attention pour lui. Pas question de laisser une humaine le mener à sa destruction. Elle avait besoin de lui, et le royaume aussi.

C’est vrai que cette relation pourrait mettre le roi en péril. Il ne voyait pour l’instant que son amour pour elle, il ne sentait que la douleur qu’il éprouvait à l’idée qu’elle le quitte, qu’elle souffre, ou qu’il ne parvienne à la rendre heureuse. Elle comprenait, l’intensité de ses sentiments lui empêchait de regarder la situation d’un œil froid comme le sien, mais elle en était capable, elle pouvait voir combien cette relation était périlleuse pour lui, et non pour cette humaine. C’était lui qui l’a protégeait, et si elle envoyait ses hommes de mains entouré cette humaine, elle ne risquait vraiment rien, mais lui au contraire risquait beaucoup. Il l’empêcherait peut-être de voir la lumière du jour, peut-être se sentirait-elle malheureuse en le voyant rester jeune tandis qu’elle vieillissait, ayant peur de le perdre pour une fille plus jeune et plus jolie, mais elle pourrait provoquer sa chute. Ses ennemis pourraient lui faire mal en choisissant d’éliminer la jolie humaine, mais ils pourraient faire bien pire. Détourner cette humaine de lui était ridiculeusement facile, la transformer en loup-garou par exemple serait une bonne manière de le faire souffrir, et de l’empêcher de la transformer en vampire, il y avait tant de manière de le piéger et de le faire souffrir, et il ne pouvait même pas le concevoir. Mais elle si. La Reine avait un don pour faire souffrir les gens, savait comment rendre fou n’importe qui, elle voyait les points faibles avec plus de facilité que leur point fort, et savait comment faire plier la volonté de quelqu’un. Il lui suffisait de chercher comment détruire le roi pour savoir comment on pouvait s’y prendre. Elle n’était pas jalouse de la pauvre humaine, elle pouvait concevoir qu’il était amoureux et l’acceptait, s’il la transformait en vampire les choses seraient peut-être différente mais pour l’instant il ne semblait pas prêt à envisager cette solution. La seule chose qui la faisait peur c’était de perdre son meilleur allié, son époux.

La question concernant la politique à adopter face aux Cercle des Ombres était bien évidemment plus épineuse. Le roi prit tout son temps pour répondre. Contrairement à Eden, Tristan ne s’était pas vraiment prononcé encore sur la question. Elle savait qu’il était d’accord avec elle quelque part, mais qu’en pensait-il réellement pour sa part ? Elle pensait qu’il fallait leur faire la guerre et les détruire, qu’on ne devait pas leur donner cet argent, qu’on ne devait même pas tenter de marchander avec eux. Elle savait que Tristan était moins téméraire qu’elle, qu’il prenait le temps de la réflexion, mais une fois qu’il prenait une décision, il s’y tenait. C’est pour cela que patiente, elle roula sur elle-même dans le lit pour se mettre sur le dos, sa main glissa sur le torse du roi, sentant ses muscles sous sa peau glacée. Il était délicieux, à croquer, et elle voulait vérifier s’il pouvait rester sérieux alors qu’elle caressait ses tablettes de chocolat. Il semblait imperturbable, et pour cause, il venait de prendre sa décision ou du moins venait de choisir de la révéler tout haut : « La guerre. » La reine ne put s’empêcher de sourire. Elle ne s’y attendait pas, erreur, il était un guerrier avant tout, un homme d’honneur, qui savait mener des hommes et tracer un plan de guerre. Elle l’avait oublié parce qu’il s’était calmé et lorsqu’elle l’avait rencontré il était déjà roi, un roi sage et bon, mais oublier le guerrier au fond de lui serait une cruelle erreur. Il avait toujours été présent, prêt à resurgir.

« Nous devrons leur ouvrir l’esprit. Les lycans sont distant et aiment jouer les rebelles mais nous trouverons un moyen de prouver qu’une union sera la seule manière pour eux de rester libre. Le plus dur sera de convaincre la Confrérie, mais je pense que nous devrions accepter de prendre des risques pour obtenir leur alliance. »

Elle attendait sa réponse avec impatience telle une enfant, elle avait envie de savoir ce qu’il en pensait et tout de suite. Ce n’était pas son genre de partir sur les chapeaux de roue, mais le sujet était brûlant. C’était la seule chose qui obsédait la reine : détruire le Cercle des Ombres. Elle n’aimait pas l’idée qu’on puisse venir empiété sur son territoire et encore moins qu’on puisse lui nuire. Hors ce que faisait le Cercle des Ombres c’était du chantage, c’était du terrorisme pur et simple et la vampire ne le laisserait certainement pas faire. Le problème était que pour l’instant, elle avait l’impression d’agir seule, contre vent et marrée, comme si elle était la seule à réaliser le danger qu’ils représentaient ou la seule à se sentir capable de les affronter, que ce soit l’un ou l’autre ça l’énervait. Alors sentir que Tristan la soutenait, pensait de la même manière qu’elle, ça la rendait aussi excitée qu’une petite fille à qui l’on annonce qu’elle pourra réaliser quelque chose qu’elle attend depuis si longtemps.

« Les humains ne seront pas les seules victimes, ils vont s’attaquer à tout ce que nous avons tenté de bâtir, ils vont détruire le monde que nous connaissons si nous les laissons faire. Nous ne devons pas seulement leur faire la guerre, nous devons les détruire, nous assurer qu’ils ne se relèveront jamais. »

Elle était déterminée, plus que déterminée. Eden était une femme de pouvoir car elle aimait les luttes, la guerre, elle aimait se battre pour une cause qu’elle estimait la sienne. C’était parce qu’elle s’ennuyait qu’elle s’adonnait à ces petits jeux cruels, qu’elle manipulait le monde autour d’elle, mais ce pourquoi elle était faite, c’était pour la guerre, pour prendre des décisions délicates. Elle n’avait pas peur de la destruction, elle avait peur de perdre ce qu’elle avait construit, peur qu’on ne tienne pas compte de sa volonté, peur qu’on l’ignore ou qu’on la chasse. Voilà ce dont elle avait peur. Et oui, le Cercle des Ombres lui faisait peur, parce qu’il était capable de détruire la société des vampires, ils en étaient capables, parce qu’ils n’avaient peur de rien et qu’ils étaient prêt à tout.
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MessageSujet: Re: LIBERAME | Feat Tristan.   Mar 25 Mai - 21:11

Pendant que le roi réfléchissait à la meilleure manière de réagir contre le Cercle des Ombres, il était réellement parti dans une autre dimension, il s’était enfoncé profondément dans ses pensées. C’est en parti pour cela qu’il sentit à peine la délicate main glacée de la Reine chatouiller son torse en testant ses zones sensibles et qu’il continua de se perdre dans ses pensées pour finalement faire part de son idée finale. Car oui, lorsque Tristan prenait une décision, il s’y tenait et jusqu’au bout mais en bon roi qu’il était, il écoutait tout de même les avis autour de lui. Malgré sa grande patience et l’oreille attentive qu’il prêtait aux conseils qu’on lui donnait, lorsqu’il prenait une décision, elle était définitive et rien à part lui-même ne pouvait la changer. Il avait toujours été ainsi et c’était peut-être une de ses principales qualités qui pouvait devenir un énorme défaut en fonction du contexte…

La réponse du Roi de Cœur sembla convenir à la Reine qui lui parla d’union avec les lycanthropes rebelles et la Confrérie des sorciers. Cela ne serait pas une mince affaire car les trois races se détestaient du plus profond de leur cœur mais face à l’ennemi, il fallait à tout prix s’unir et Tristan était sûr qu’au fond de lui, les plus sages de chaque race seraient du même avis qu’eux. Peut-être ne serait-ce qu’une question de temps avant qu’ils se décident mais du temps… Du temps, ils commençaient sérieusement à en manquer car les activités au sein du Cercle des Ombres commençaient à devenir de plus en plus fréquentes et de plus en plus dangereuses. Aussi, Tristan se contentait de regarder de loin en prenant les décisions sur le moment mais il savait bientôt que la situation deviendrait ingérable. Il se doutait bien que si les trois races ne s’alliaient pas rapidement, Newton deviendrait alors apocalyptique et qu’il n’y aurait alors plus aucune question d’alliance, plus personne n’aurait le temps de penser à ça. Et si l’alliance revenait dans les esprits, il serait certainement trop tard et toutes les races se seraient faites renversées avant de pouvoir faire quoi que ce soit.

Car oui, ce serait un véritable massacre et la Reine mit le point sur cela en expliquant ce qu’elle en pensait, elle se mit à parler de l’avenir sombre qui les attendaient s’ils continuaient à rester oisivement dans leur manoir en se bouchant les oreilles et en fermant les yeux devant le spectacle extérieur :
    « Les humains ne seront pas les seules victimes, ils vont s’attaquer à tout ce que nous avons tenté de bâtir, ils vont détruire le monde que nous connaissons si nous les laissons faire. Nous ne devons pas seulement leur faire la guerre, nous devons les détruire, nous assurer qu’ils ne se relèveront jamais. »

Elle avait alors un air surexcité, comme si elle n’attendait que la guerre et que la décision du Roi l’avait rendue heureuse mais Tristan pouvait comprendre ce sentiment. En effet, il ressentait la même chose et même s’il affichait une mine calme et décontractée, passant ses bras derrière sa tête et fixant le plafond noir, il sentait son sang bouillonner au fond de lui et l’adrénaline s’emparer une fois de plus de son corps. S’ils n’étaient pas en pleine discussion d’Etat, il aurait volontiers sauté de nouveau sur Eden pour recommencer une partie de jambes en l’air énergique afin qu’ils extériorisent un peu toute leur énergie sauvage mais le moment n’était vraiment pas propice, aussi, il retint ses idées lubriques pour se concentrer sur le sujet et partager ses idées :
    « Pour la Confrérie, nous devons abandonner pour l’instant et les laisser délibérer un peu. Concentrons-nous plutôt sur les lycanthropes… Nous devons essayer de les convaincre de les rejoindre même si… Même si cette espèce n’est pas vraiment notre préférée… »

Il esquissa une mimique de dégoût avant de se reprendre :
    « De plus, si nous arrivons à convaincre les lycans de nous rejoindre, en plus de la suite des actes de terrorisme du Cercle des Ombres, cela devrait persuader la Confrérie d’arrêter de nous regarder comme des ennemis et de se joindre à nous dans cette guerre. »

Le Roi jeta un léger coup d’œil à la fenêtre aux lourds rideaux de velours rouge en se demandant ce que faisait sa dulcinée à cette heure-ci. Il y eut un instant de silence pour qu’il décide enfin de continuer, exposant la suite de ses idées :
    « Nous allons rentrer en guerre de toute façon… Que ce soit de gré ou de force, il n’y a que cette solution de possible. D’ailleurs… Je pense à retourner en Hongrie ou tout simplement à aller dans des pays étrangers afin de prendre conseil auprès des anciens et d’essayer éventuellement d’avoir d’autres alliés vampires. Cette organisation va jeter un vent d’angoisse sur les autres pays et je doute qu’ils nous refusent de aide. »

Et voilà… Il était partit dans ses pensées, dans ses stratégies. Le Roi pensait exactement comme un chef militaire et la chose était plutôt étrange en cet instant précis car le couple semblait si fragile avec leur peau pâle contrasté avec les draps noirs. Ils semblaient si délicats dans ce décor apocalyptique, seuls et nus. C’était un tableau bien étrange, en effet et si un humain entrait dans cette pièce, il ne pourrait qu’en être à la fois intrigué et effrayé. Qui était ces êtres à l’apparence humaine qui pouvaient provoquer autant de dégâts… Comment pouvaient-ils parler tout simplement de guerre dans un décor pareil ?
Oui mais n’oublions pas que les vampires étaient réellement des êtres étranges…
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Eden J. Hermangarde
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MessageSujet: Re: LIBERAME | Feat Tristan.   Ven 4 Juin - 22:03

La reine sentit l’excitation du roi monter en lui, elle lisait dans son regard mieux que quiconque. L’excitation du combat, de la guerre, il connaissait cela, sans doute mieux qu’elle. En tant que Reine d’Angleterre, elle avait connu la tension montante avec la guerre contre Charles Quinn, elle avait suivit Henri dans les tumultes des conflits politiques, mais elle n’avait pas vu la guerre. D’abord accusée de sorcellerie et d’adultère, condamnée à mort puis transformée en vampire, elle avait dû quitter son pays, fuir le plus loin possible, où personne ne connaissait ses traits nobles. Installée en Hongrie, elle avait alors connu les affres de la guerre contre les Turcs, et s’étaient sentie bien seule pour affronter les soldats qui venaient jusqu’à ses terres pour piller ses gens, le roi loin ne faisait rien, et la vampire ne pouvait accepter qu’on enlève la vie à son peuple, elle seule en avait le droit, estimait-elle alors. Jamais pourtant elle n’avait levé une épée, jamais elle n’avait commandé les armées, mais elle en savait plus long sur la guerre que bien des hommes, parce qu’elle savait ce que le peuple endurait, elle savait combien il était difficile de prendre certaines décisions et pourtant elle trouvait tout cela parfaitement excitant. Son esprit était en ébullition et elle sentait celui de son roi s’élever avec le sien vers d’autres sphères. Si leur était possible de rentrer en communication télépathique, ils auraient probablement déjà prit leur décision et l’aurait imposé à Dorian, mais ils étaient bien trop civilisé pour s’imposer ainsi. Du moins, Tristan l’était. Eden aurait pu agir ainsi, mais elle avait apprit au cours de son existence qu’on finissait toujours par payé un jour où l’autre une action politique trop forcée.

    « Pour la Confrérie, nous devons abandonner pour l’instant et les laisser délibérer un peu. Concentrons-nous plutôt sur les lycanthropes… Nous devons essayer de les convaincre de les rejoindre même si… Même si cette espèce n’est pas vraiment notre préférée… » Le roi semblait convaincu par ses propos. Eden n’osa lui dire devant une telle sincérité qu’elle avait déjà envoyé des espions au sein de la confrérie et qu’elle attendait fermement une réponse. Elle ne laisserait pas les sorciers regarder de leur tour d’ivoire Newton se déchirer. S’ils attendaient que le Cercle des Ombres élimine vampires et lycans pour rester les seuls maîtres ils se fourraient le doigt dans l’œil. Elle était prête à fournir au Cercle des Ombres les armes pour détruire la Confrérie dans l’unique but que celle-ci participe à ce combat, mais il y avait un autre moyen de parvenir à leur fin. Un ultimatum. Soit ils participaient soit ce serait la guerre. Et la Confrérie redoutait plus que tout la guerre, Eden le savait bien. « De plus, si nous arrivons à convaincre les lycans de nous rejoindre, en plus de la suite des actes de terrorisme du Cercle des Ombres, cela devrait persuader la Confrérie d’arrêter de nous regarder comme des ennemis et de se joindre à nous dans cette guerre. »


Hélas la reine ne pensait pas que les choses seraient si simple. La Confrérie pourrait parfaitement choisir de laisser les vampires et les lycans se débrouiller tout seuls. Eden pensait pouvoir réunir sous sa bannière quelques mauvais sorciers des environs mais sans l’appuis de la Confrérie cela ne servirait pas à grand chose. Il y avait les sorcières les plus puissantes au sein de la Confrérie, et elles seraient capable d’éviter beaucoup de pertes en agissant même de loin. Le problème était que la Confrérie ne voudrait pas agir avec les vampires ni avec les lycans, bien trop fière pour cela. Attendre leur décision était ridicule. Comme si elle ou même Tristan était de vulgaire jeune sorcier attendant qu’on leur permette de jouer aux apprentis sorciers. Ils étaient des rois et pas n’importe quels rois, les vampires des Etats-Unis marchaient derrière eux, toute une race unifiée, et qui n’hésiterait pas à vider de son sang chaque sorcière se dressant sur leur chemin. La Confrérie supposait que les vampires tenaient beaucoup à la paix, ce qui était vrai, mais ils étaient également trop fiers pour se laisser mépriser, insulter de la sorte, et pour Eden la Confrérie méritait une punition. Si ça ne tenait qu’à elle, ils auraient déjà fait ployer la Confrérie sous des menaces.

    « Mon cher Tristan… tu es si noble, mais la noblesse de ton cœur t’aveugle. La Confrérie hait tout autant les lycans que les vampires, si elle peut s’abstenir de participer au combat, elle le fera avec joie. Ils attendront le plus longtemps possible avant de donner leur réponse et je te parie que ça sera non. » La Reine exagérait peut-être mais elle connaissait suffisamment de sorciers qui avaient été confrontés à la Confrérie pour savoir que les choses ne seraient pas aussi simple que Tristan semblait déterminé à le croire. Il fallait qu’elle lui ouvre les yeux. Dans quelques temps, ses espions reviendront et il faudra prendre une décision, mais elle savait déjà qu’elle aura besoin de l’appuis de Tristan. « Nous devrons peut-être user de moyens peu conventionnels pour nous assurer l’appuis de la Confrérie… il faut que tu envisages cette option. »


Inutile de lui mettre la pression, elle avait tout le temps devant elle pour le convaincre de se ranger de son côté. Dorian la suivrait peut-être mais il était moins contrôlable et ne se laissait pas facilement convaincre. De plus, elle était mariée à Tristan et c’était lui qu’elle connaissait le mieux, avec lui qu’elle partageait sa couche, et c’était lui qui la connaissait sans doute le mieux. Si elle devait faire une confiance aveugle en quelqu’un ça serait à lui, indubitablement. Elle le savait et lui aussi mais jusqu’à présent leur fidélité n’avait jamais été mise à rude épreuve. Eden craignait que ça ne soit le cas dans quelques temps. Elle devait s’assurer qu’il la suivrait, et pas les yeux fermés mais grands ouverts. Elle avait besoin de lui. Refermant sa main sur celle du vampire, elle serra pour lui montrer combien elle avait besoin de lui, qu’elle ne pourrait jamais mener à bien cette guerre sans lui, et que c’était en cet instant qu’elle voyait combien elle avait eut raison d’épouser ce vampire.

    « Il nous faudra parler avec nos amis anglais et français également bien que j’ai toujours trouvé qu’ils avaient un temps de retard, nous aurons peut-être besoin de leur appuis. »
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